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Histoires de reconversions professionnelles

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Que ce soit du salariat à l’entrepreneuriat ou d’un domaine à un autre, la reconversion professionnelle est un vaste sujet qui englobe des expériences très différentes et multiples. Rencontre avec trois femmes qui nous font part de leur changement de carrière, du déclic, des difficultés et des leçons à retenir de leurs aventures.

Fiona Picot : Du conseil à co-fondatrice de My Holy, marque de protections hygiéniques en coton bio.

Son ancien métier: Fiona Picot exerçait le métier de plume dans un cabinet de lobbying. Ce poste lui a permis d’écrire des discours pour des grands noms et de développer sa fibre littéraire. Mais dans ce métier de l’ombre, elle avait “le sentiment de ne plus avoir d’impact” et ne se voyait pas évoluer dans la boite même si ce qu’elle faisait “était passionnant” et qu’elle avait des responsabilités importantes. Il manquait un aspect “concret” à son travail qu’elle avait connu dans sa jeunesse à travers ses parents commerçants.

Son déclic : “Je fais partie de ceux qui ont quitté ce qu’ils ne voulaient plus pour laisser de la place à quelque chose de nouveau sans avoir une idée précise derrière. Je savais que j’allais m’orienter vers la sphère entrepreneuriale mais je n’avais pas vocation au départ à monter mon propre projet. Les opportunités pour les start-up commençaient à peine à se développer à l’époque [en 2016, ndlr] et cela m’a donné envie de rejoindre une jeune aventure ambitieuse. Après 3 mois de recherche et de networking, j’ai découvert Le Wagon [école de coding, ndlr] J’avais conscience que le code allait devenir une langue incontournable de demain.

Son nouveau métier : Fiona Picot a lancé My Holy en 2017 avec Gabriel Pimont-Nogues, une marque de protections hygiéniques bio et par abonnement. La marque propose aujourd’hui une diversité de choix que ce soit tampons, serviettes, culottes ou coupes menstruelles. “C’est lors de ma formation au Wagon que je suis tombée sur un article d’un magazine américain qui parlait de la marque Lola à New York, qui proposait des protections hygiéniques en coton bio et par abonnement. C’était une marque moderne, beaucoup plus saine et digitale et cela n’existait pas en France. J’ai donc pris les 3 mois de formation au Wagon comme une période pour défricher l’idée. J’ai ensuite eu la chance de rencontrer mon associé et cela m’a beaucoup aidé car je ne me serais pas vu développer le projet seule.”

Mini Guide Leader
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Les difficultés :On n’est jamais assez honnête sur l’entrepreneuriat, on ne dit pas assez à quel point c’est dur, à quel point c’est ingrat, à quel point cela demande de la résilience d’autant plus lorsqu’on n’a pas d’aide financière. On parle souvent du côté émancipateur que permet l’entrepreneuriat mais c’est aussi la liberté de travailler 10 fois plus que les autres et d’être payée 3 fois moins. Il y a un côté assez romancé de l’entrepreneuriat surtout dû à Instagram. En réalité, il faut beaucoup de soutien à la fois psychologique et financier et une grande résilience.”

Ses conseils :J’ai eu la chance de quitter mon ancien job avec une rupture conventionnelle, ce qui aide beaucoup financièrement. Quand on a les moyens et l’opportunité, il faut accepter de vivre une période d’incertitude, d’aller à l’encontre de cette mentalité très française de vouloir toujours tout optimiser. Si on a le privilège de pouvoir le faire, il faut vraiment prendre son temps et se poser les bonnes questions.” Fiona Picot croit aussi beaucoup au “role model” et pense “q’il n’est jamais trop tard” pour créer un projet qui aura un impact.

Karine Bialobroda : Du graphisme à co-fondatrice de Poulpe

Son ancien métier : Karine Bialobroda travaillait en agence dans le graphisme print. Rapidement, elle est passée en freelance. Avec ce changement de statut, elle a attiré de plus en plus de clients qui avaient des demandes de graphisme web, puis de développement de site. Mais elle n’est pas formée au code à ce moment-là. “Un jour, je suis tombée par hasard sur une pub Facebook pour une petite formation en ligne du Wagon que j’ai finalement suivi pendant l’été. Je me suis rendue compte avec cette formation qu’il y avait aussi une forme de créativité dans le code et j’ai trouvé cela passionnant. Je me suis donc inscrite pour une autre formation intensive en 9 semaines plutôt dans l’optique de me rajouter une compétence que je n’avais pas pour pouvoir prendre plus de clients et répondre à des projets complets. Finalement, je suis tombée dedans et je me suis rendue compte que c’était le développement web qui me plaisait le plus.

Son déclic :La transition s’est plutôt faite en douceur. Lorsque j’étais en agence, j’ai très vite ressenti le besoin de me mettre à mon compte car cela ne me convenait pas. J’avais envie de mixer la création et le web, de créer une boite avec un management très horizontal, sans hiérarchie. Mais à l’époque où je sortais d’école, c’était la crise, tout le monde luttait pour décrocher le sacro-saint CDI. On nous apprenait à faire un CV, une lettre de motivation, à bien se vendre mais on ne nous parlait pas de l’entrepreneuriat. Du coup les gens ne comprenaient pas que je veuille quitter mon job stable.

Son nouveau métier : Karine Bialobroda est aujourd’hui co-fondatrice de Poulpe, une agence de création digitale. “On a voulu mixer la création et le développement web. On souhaite accompagner nos clients de la création de leur boîte jusqu’à la mise en production de leur application. En interne, on applique un management très horizontal, il n’y a pas de vraie hiérarchie, on travaille tous ensemble, tout le monde s’entraide. Il y a un vraie volonté de faire grandir les gens, de transmettre du savoir. Malheureusement en agence ça n’est pas souvent le cas, ce sont des gens très haut placés qui donnent des ordres à des juniors (stagiaires, alternants) qui n’ont aucune possibilité d’évoluer dans la boîte. Il y a aussi beaucoup de transparence chez Poulpe : on est très honnêtes sur les budgets, sur les clients, sur notre processus de travail, sur les outils qu’on va utiliser.On s’inspire beaucoup de l’esprit start-up en terme d’agilité et d’adaptabilité.” La création de Poulpe a donc été pour Karine Bialobroda une forme de revanche sur les mauvaises expériences qu’elle a vécues en agence auparavant.

Les difficultés:Le gros défaut du développement web c’est qu’on ne peut pas laisser un site qui ne marche pas pendant plusieurs heures, donc on doit être très réactifs. On a beaucoup de responsabilité qui pèsent sur nous. Et en tant qu’entrepreneures en général, on doit être disponibles tout le temps, on ne peut pas vraiment prendre de vacances, on se demande si la clientèle va se fidéliser.

Ses conseils : “Il faut faire ce qu’on a envie de faire. Je pense que quand on est animée par quelque chose on est forcément douées et on réussira d’une manière ou d’une autre. Je pense qu’il ne faut surtout pas se laisser abattre par la société actuelle, ne pas se dire que parce qu’on est une femme on a moins de chance d’y arriver. À force d’avoir entendu ça, on y croit nous-même et du coup on s’empêche de faire des choses alors qu’on en est tout à fait capable, il faut simplement oser parler et s’imposer. Parfois il faut casser des murs mais derrière il y a une grande satisfaction.”

Ophélie Damblé: De la pub à l’agriculture urbaine

Son ancien métier : “Je suis passée par pleins de métiers différents mais mon dernier métier avant ma reconversion a été un passage éclair de un an dans la pub. Mes autres experiences tournaient surtout autour des de la culture des médias et de la communication (pigistes, chroniqueuses, réseaux sociaux).

Son déclic : Une reflexion sur plusieurs années qui a démarré avec la découverte du végétarisme et qui a continué avec d’autres lectures autour de l’écologie. “Je me suis rendue compte que je ne savais pas subvenir à un de mes besoins les plus primaires qui est celui de manger. Alors que je viens d’un milieu rural (Ariège) et que j’ai toujours été entourée de nature, je ne m’étais jamais demandée comment poussait une tomate.” Puis deuxième déclic plus brutal : une rupture amoureuse. “Ce sont ces moments difficiles dans la vie, qui nous bousculent. On a envie de faire quelque chose qui a du sens. Quand on fait pousser des plantes, on recrée une forme de vie, on rend fertile et je trouvais cela très puissant. D’autant plus en milieu urbain qui est supposé être un milieu assez hostile à la nature. J’adore l’énergie de la ville et j’avais envie de participer à sa transformation. C’est pourquoi je me suis spécialisée dans l’agriculture urbaine.” 

Son nouveau métier :Je me suis formée 6 mois aussi bien dans des lieux de formations qu’en direct chez les maraichers et cela m’a confirmé que la ville me manquait et que j’avais envie d’y revenir. J’ai donc très vite intégré des projets d’agriculture urbaine. Je me considère comme activiste, j’aime bien ce mot puisqu’il y a le mot action dedans. Au delà de l’agriculture urbaine je me suis beaucoup intéressée à la ‘Green Guerilla’ qui prône une “végetalisation sauvage” de l’espace publique. Ophélie Damblé a même consacré un livre à ce mouvement de réappropriation de l’espace urbain, qui pour elle est éminemment politique.

https://www.youtube.com/watch?v=y_lW-o3zRDs

Les difficultés : Pour Ophélie Damblé, la difficulté a été de quitter la ville et les gens qu’elle aimait pour aller se former en campagne. Elle évoque aussi la précarité financière:“il faut faire attention à bien assurer ses arrières surtout que la particularité de l’agriculture urbaine c’est qu’on est rarement propriétaire de sa terre”. De plus, ” lorsqu’on se lance dans l’agriculture en général, il faut prendre en compte les contraintes liées au climat.”

Ses conseils : “Pour moi ce qui est important c’est vraiment de multiplier les expériences. Ne pas se cantonner à une seule formation, une seule rencontre. Je pense qu’il faut vraiment aller voir beaucoup de projets différents avant de se fixer.  Ne pas trop se projeter, se laisser porter, se laisser une marge d’erreur. Ce n’est pas non plus un échec de revenir à son ancien métier. On peut y apporter de nouvelles choses, l’aborder différemment. Il ne faut pas mettre toutes ses billes dans un métier qu’on n’a pas encore expérimenté non plus. Parfois, on peut fantasmer un métier qui ne nous convient pas du tout. Il y a cette marge d’erreur qui est importante et je trouve qu’en France on ne célèbre pas assez les échecs alors qu’on devrait beaucoup plus en parler. Ce sont les erreurs qui nous font avancer.”

Amélie Tresfels

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