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Les métiers de l’artisanat : changer de vie pour se retrouver

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Portées par la passion et en quête de sens, de plus en plus de femmes se lancent dans les métiers de l’artisanat. Ce choix apparait souvent comme une évidence, à l’heure où notre quotidien se voit rythmé par le télétravail et un couvre-feu qui n’en finit plus.

Pour certaines, emprunter cette voie était claire depuis bien longtemps, pour d’autres, la crise sanitaire a ravivé plus que jamais un besoin d’entreprendre pour trouver un sens au quotidien. En travaillant les matières brutes telles que le bois, le grès, les fruits… ces femmes ont préféré leur épanouissement personnel et leurs convictions aux idéaux de l’entreprise. 

Revenir à l’essentiel pour être en phase avec soi-même

Qui n’a pas déjà rêvé de se lever chaque jour pour faire quelque chose qui a du sens ? Cette question interroge nos valeurs, nos ambitions, mais aussi les besoins du monde qui nous entoure. Lydiane, 29 ans, est passée par là alors qu’elle était cheffe de projet pour une agence de voyage : « Je vendais des voyages qui étaient totalement aux antipodes de ma vision du voyage, je me retrouvais juste derrière un ordinateur, et la crise écologique qui s’ajoute à cela… c’était finalement très loin de ce que je voulais ». Rattrapée par ses aspirations écologiques, elle s’est alors tournée vers des métiers de contact et de mobilité durable avant de faire le choix de l’artisanat local entre deux confinements. 

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Même constat pour Julie, 30 ans, qui s’est formée au travail du grès et de la porcelaine en amont de son activité de photographe freelance dans le domaine du cosmétique haut de gamme. Sa découverte de la céramique par le biais d’un atelier entre amies a fait naître une passion. « Quand tu manges ou bois dans quelque chose que tu as fais, tu n’y mets pas du tout la même intention. Ça change toute la valeur des choses », raconte Julie qui reconnait que son mode de vie et ses centres d’intérêt se sont transformés au fil du temps. 

Dans un contexte où le numérique prend le dessus, l’artisanat permet de retrouver une créativité manuelle et d’être en phase avec ses valeurs. « La tendance à privilégier une économie plus vertueuse recourant aux circuits courts, à l’économie de la matière, à la fabrication en pièces uniques en rupture avec l’uniformisation et la consommation de masse, se traduit par une augmentation du nombre de prescripteurs faisant appel à nos ateliers », livre à ce sujet Aude Tahon, Présidente d’Atelier d’Art de France, dans une interview à l’Observatoire de la Compétence Métier

Pour sauter le pas, quel est le bon moment ? 

Il n’est pas toujours simple de parier sur soi-même. Mais quand les convictions sont trop fortes, c’est comme une évidence. De nouveaux projets de vie, une rencontre, un déclic précipité par la crise… sont autant d’indices qui poussent à faire le grand saut. 

Pour Lydiane, le deuxième confinement a été un alignement des planètes. Alors que son envie d’entreprendre grandissait depuis quelques années, elle décide en novembre 2020 de concrétiser son projet de torréfaction avec un four solaire. Son entreprise ‘Du Soleil et des Graines’ est née, elle devient « solarpreneur ». « C’est en agissant que l’on se rend heureux, on prend en main son destin au lieu de regarder les autres faire », explique-t-elle.

Pour Julie, son temps s’est progressivement partagé entre l’atelier de céramique et son métier de photographe depuis trois ans. Son loisirs créatif a pris une toute autre dimension lors de son déménagement il y a tout juste un an : il lui fallait une pièce dédiée à cette activité. « Je créais pour mes amis, ma famille puis j’ai commencé à poster mes créations sur mon compte Instagram, et j’ai vu l’engouement pour les objets que je réalisais ». 

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Changer de métier, quitter un poste de cadre ou combiner plusieurs activités pour se tourner vers l’artisanat reste un défi. La formation, le coût du matériel, le coût d’un local… sont à prendre en compte. « Il faut avoir de l’endurance, témoigne la jeune maman solarpreneur. Gérer les assurances, les retards de stock imprévus, tout en s’assurant de pouvoir survivre financièrement, ce n’est pas toujours simple ».  

Julie reconnaît que l’achat de son matériel représente un coût important et découvre dans le même temps la création de société. Aussi, elle admet : « Comme je n’ai pas quitté ma fonction de photographe, l’aspect financier n’était pas un stress. Pour moi, c’était un peu l’équilibre parfait pour commencer ». 

En dépit des compromis nécessaires, les femmes montrent d’une manière générale un net regain d’intérêt pour les métiers de l’artisanat et la création d’une entreprise en ce sens. Pour preuve, la Chambre des métiers et de l’artisanat estime que près d’un quart des entreprises artisanales sont dirigées par des femmes, un chiffre qui a doublé ces trente dernières années. –

 

Noémie Meulan

 
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