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Coronavirus : le quotidien des mamans qui travaillent

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Certaines travaillent de chez elles, tout en jonglant avec la gestion de la vie de famille, s’inquiétant pour les conséquences sur leur carrière et les finances. D’autres, aimeraient être confinées en sécurité dans leur appartement, entourées de leur famille, mais doivent affronter l’extérieur et les dangers qu’il représente. Pour chacune d’entre elles, deux points communs : une situation subie et un état d’esprit fluctuant, malgré tout positif. Elles témoignent de leur quotidien de maman chamboulé par le Covid-19.

Coronavirus : le quotidien des mamans qui travaillent

Mamans en télétravail, leur quotidien, leur réalité 

Quand le confinement a débuté, Virginie, Camille, Gaëlle et Anne-Sophie ont découvert les joies du télétravail… les enfants à la maison. Indépendante, Gaëlle, maman de deux garçons a perdu d’emblée une grande partie de son chiffre d’affaires et s’est vue désignée – d’un commun accord avec son compagnon, salarié – maîtresse à domicile. Son premier constat : nous n’avons plus l’habitude de nous occuper de nos enfants. « Avec ma baisse d’activité, je me suis fixée pour mission de changer ça, notamment en m’investissant dans l’école à la maison. J’ai fait des recherches, imprimé des dizaines d’exercices, découpé des fascicules…. Je prépare mes cours avant le début de l’école et cela se passe bien trois jours sur cinq, on va dire. »

Virginie et Camille, enseignantes, ont dû apprendre à caler les réunions en visio avec les collègues pendant la sieste des plus petits. Elles s’adaptent, en témoigne Camille : « Jusque-là, les serveurs pour faire cours à distance et les réseaux internet étaient saturés. Avec mes collègues, nous avons beaucoup travaillé tard la nuit, c’était le seul moment où nous pouvions poster nos cours sans bug. » Elle rassure aussi les parents : « On dédramatise beaucoup. Si les devoirs du lundi ne sont pas faits le lundi ce n’est pas grave. On répète autant que possible que le plus important est le climat pour l’enfant. Pour ceux qui voient leurs parents partir travailler, c’est d’ailleurs bien plus complexe ». 

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Une organisation millimétrée qui n’empêche pas l’angoisse 

Elles ont toutes compris l’importance de structurer l’emploi du temps de leurs enfants et le leur, par la même occasion. Cours, activités libres, préparation des repas, dessins-animés, sport, bain s’enchaînent, même si, Virginie le confesse, « le plus pesant, c’est la répétition. » Mais de relativiser immédiatement : « J’ai été alitée trois mois pour ma première grossesse, je ne pouvais rien faire du tout, une torture. Là, on reste actifs, malgré tout. » Pour Gaëlle, le plus angoissant « reste l’après. Mais ce qui est bien durant cette période, c’est que l’on est obligé de vivre au jour le jour ». Quant à Anne-Sophie, de nature « très angoissée », elle a trouvé la solution : elle se tient à distance des chaînes d’infos et se fait livrer toutes ses courses.

Ce qu’elles aimeraient dire aux mamans qui travaillent à l’extérieur

« Je leur dirais de ne surtout pas culpabiliser » quand elles laissent leurs enfants souligne Gaëlle. « Je suis admirative de ces héroïnes du quotidien et de toutes les aides volontaires qui se mettent en place en faveur des soignants, des personnes vulnérables », explique Camille. Et Virginie de conclure : « J’espère que nos dirigeants sauront les remercier quand nous sortirons de cette crise ! »

Mamans travaillant à l’extérieur, leur quotidien, leur réalité 

Claire, Marie et Géraldine ne travaillent pas de chez elles et ont vu, dès le début de la crise sanitaire, leur quotidien bouleversé. Marie, infirmière libérale, maman de trois enfants, raconte : « Le plus pesant pour moi est l’angoisse de ramener le virus chez moi malgré les mesures drastiques que j’ai mises en place. Depuis trois semaines, je raisonne mes patients, j’éduque sur les gestes barrières à m’en épuiser, à en pleurer dans ma voiture. Le stress monte ces jours-ci, j’ai l’impression de partir à la guerre en sortant de chez moi. » Pour elle, comme pour Géraldine et Claire, le quotidien est désormais un ballet incessant de gestes barrières, à répéter heure après heure, jour après jour. « Je pense que je dois me laver les mains au moins 70 fois par jour » explique Claire, maman de deux enfants, qui travaille dans une EHPAD.

Sa journée de 12heures, seule infirmière pour s’occuper des 80 pensionnaires, c’est sa réalité, Covid-19 ou pas. En ce moment plus que jamais, c’est lourd psychologiquement : « J’ai la peur constante de faire entrer le virus dans l’établissement car je sais que cela serait terrible pour toutes ces personnes vulnérables. ». « J’ai beau me laver plusieurs fois par jour, me déshabiller à l’entrée de chez moi et mettre mes habits directement à la machine, la peur d’attraper le virus est constante » confirme Géraldine, pharmacienne et maman de trois enfants. 

Des sacrifices mais de l’humour et de l’espoir

« Je me doutais que le confinement allait tomber alors j’ai fait le choix d’envoyer mon aîné de 8 ans, surdoué qui demande beaucoup d’attention, chez ses grands-parents. C’est très compliqué d’être séparé et il faut aussi gérer à distance sa peur à lui, car il sait que je pars travailler », explique Claire qui précise que nombre de ses collègues ont fait le même choix. Marie enchaîne : « Au fond de notre jardin il y a une petite maisonnette qui fait office de débarras et que j’ai investie depuis plus de trois semaines. Mon mari ayant une maladie inflammatoire chronique traitée depuis des années par des immunodépresseurs, nous avons pris cette décision pour le protéger de ma potentielle contagiosité. » Pour Géraldine, c’est certain, « il y aura un avant et un après ».

Toutes l’espèrent : « J’ai une équipe merveilleuse et l’humour nous permet de tenir » explique Claire ; et d’ajouter : « Les cris d’alarme que nous lançons depuis si longtemps, vont peut-être enfin être entendus ? »

Ce qu’elles aimeraient dire aux mamans qui sont en télétravail

« Que cela ne doit pas être facile non plus » rigole Claire. « Certes, elles se retrouvent en famille mais il faut trouver du temps pour soi, ce n’est pas évident. » Et Marie de compléter : « J’aimerais leur dire de mesurer leur chance. Mais j’imagine aussi la difficulté, surtout avec des petits, de travailler en restant concentrée.”

Vanina Denizot

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