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A 21 ans, elle crée une néobanque pour les ados et lève 2,2 millions d’euros

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Elle est la dernière pépite de la génération Z. Co-fondatrice de Vybe, Canelle Chokron a imaginé une néobanque pour les 12-17 ans. En quelques mois, l’appli a su fédérer une communauté de plus d’1,5 millions de jeunes, et générer pas moins de 260 000 précommandes de cartes. Un concept qui a déjà fait mouche auprès des investisseurs.

Ne cherchez plus la banque qui parle VRAIMENT aux jeunes : elle s’appelle Vybe. Cofondée en 2019 par Maxence Cornet, Brice Garnier, Canelle Chokron, Vincent Jouanne et Alexandre Pidault, la startup propose aux ados une carte de paiement gratuite, assortie d’une application pour gérer directement leurs dépenses. En quoi est-elle innovante ?

Elle casse totalement les codes du monde bancaire dans sa manière de s’adresser aux jeunes. Très présente sur Tik Tok, Instagram, Snapchat ou Youtube, elle engage ses followers dans un processus de cocréation à tous les niveaux, qu’il s’agisse du design de la carte bancaire, ou des nouveaux services proposés. Sur les comptes de Vybe, le tutoiement est de mise !

L’idée d’une banque 100% dédiée aux ados est née d’un constat sans appel : « les banques traditionnelles s’adressent avant tout aux parents, tandis que les néobanques ciblent plutôt les 25-35 ans. Nous ne voulions donc pas nous adresser aux parents, mais directement aux ados qui sont nés avec internet, et ne sont donc clairement pas les 12-17 ans d’autrefois. Il ne faut pas non plus oublier que c’est une génération chez qui les banques traditionnelles ont une mauvaise image », analyse Canelle Chokron.

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Autonomiser et sécuriser

A peine plus âgée que ses clients adolescents, la jeune femme est représentative de cette quête d’indépendance de la génération Z. Bien plus motivée à l’idée de créer sa startup que d’intégrer une grande entreprise, Canelle s’est vite ennuyée sur les bancs de son école de commerce. Rapidement, elle a rencontré son futur associé Vincent lui-aussi très impliqué dans l’univers de l’entrepreneuriat.

« Pour ma part, j’ai toujours été intéressée par l’univers de la banque, et j’ai donc voulu le rendre plus accessible aux jeunes. Avec Vybe, nous désirons inspirer les ados et leur permettre de gagner en autonomie. C’est un réel besoin comme le témoignent les milliers de messages que nous recevons chaque semaine de jeunes qui ne comprennent pas toutes les fonctionnalités de leur banque. Par exemple, ils sont nombreux à ne pas savoir ce qu’est un IBAN », illustre la jeune femme.

Pour permettre aux ados de piloter eux-mêmes leurs finances, plusieurs services sont proposés. Outre leur carte bancaire, ils peuvent payer par mobile via Google Pay ou Apple Pay (une intégration très rapide pour une néobanque), mais aussi commencer à économiser pour leur avenir ou même de simples projets de vacances entre amis. Comment ?

Grâce à un système de cashback auprès de 5000 marques (Franprix, Asos etc) permettant d’alimenter directement leur épargne. C’est d’ailleurs auprès de ces marques que Vybe se remunère. L’appli va aussi bientôt lancer le système de l’arrondi supérieur afin de réinjecter les centimes restants dans de l’épargne.

Dans le même temps, les parents demeurent informés puisque Vybe communique aussi en direct avec les parents via un autre canal.  Ces derniers doivent par exemple valider un bénéficiaire avant qu’un jeune puisse envoyer de l’argent sur un autre compte. « Nous incluons les parents dans tout le process d’accompagnement. Notre objectif est à la fois de responsabiliser les ados, tout en permettant aux parents de mieux comprendre leurs motivations », ajoute la startuppeuse. A noter qu’un audit a été réalisé par Deloitte pour sécuriser au maximum l’application.

 

@vybecardVous connaissez tous le dernier mot ? 😏 ##jepossededesthunes ##tune ##vybe ##humor ##fyp♬ Chanson de David Castellolopes – John Homer

La force du Proof Of Concept

Comme on l’a vu, la grande différence de Vybe réside dans sa manière de s’adresser aux jeunes. Pour lancer l’appli, les équipes ont donc naturellement mis le paquet sur les réseaux sociaux. En moins de 10 jours, la startup a enregistré plus de 100 000 inscriptions grâce à l’intervention de jeunes influenceurs plébiscités par les ados à l’instar de @justriadh qui comptabilise 3,4 millions d’abonnés sur Instagram. « Ils ont accepté de nous suivre sans demander de rémunération en échange, notamment parce qu’étant mineurs, ils n’ont à ce jour pas de services adaptés pour être pleinement autonomes, puisque leur rémunération doit transiter par le compte d’un adulte ou d’un agent qui prend une énorme commission », observe Canelle.

Mais entre le moment où Vybe a commencé à communiquer, et l’ouverture des premiers comptes des clients suite à l’obtention des autorisations et agréments de l’Autorité des Marchés Financiers, il s’est écoulé plus d’un an ! Cela signifie qu’il a fallu animer et retenir la communauté fédérée avant de pouvoir lui offrir les services escomptés. Un autre challenge pour la communication de la jeune startup mais qui a une nouvelle fois joué la carte gagnante.

« Lorsque nous avons pris du retard à cause du confinement, nous avons hésité sur la manière dont nous devions communiquer à nos abonnés. Finalement, nous avons décidé de ne rien cacher et de parler chaque semaine à nos abonnés en direct. La génération Z est très engagée sur de nombreux sujets et est en quête de transparence », affirme la co-fondatrice.

Avant même d’avoir lancé ses produits sur le marché, Vybe a su convaincre les investisseurs avec ses chiffres pharaoniques. A ce jour, l’appli a été téléchargée plus de 350 000 fois ! La startup a donc pu faire la preuve de son concept (POC) en cartonnant sur les réseaux sociaux, et séduire les investisseurs. C’est ainsi que l’équipe a levé 2,2 millions d’euros pour son premier tour de table auprès de fonds spécialisés et de business angels de renoms parmi lesquels Ronan Le Moal (ex-DG du groupe Crédit Mutuel Arkea), Jonathan Cherki (CEO de Content Square), Thibaud Elzière (CEO de eFounders) ou Ankur Nagpal (CEO de Teachable).

Une ambition internationale

Si Canelle Chokron se réjouit du chemin parcouru, elle et son équipe entendent aller encore plus loin et s’étendre à l’international. « Aux Etats-Unis ou sur d’autres marchés, il y a déjà des concurrents avec des acquisitions phénoménales. C’est pourquoi nous voulons viser plus gros. Nous souhaitons aussi accompagner nos clients au-delà de l’adolescence en leur proposant des services comme des crédits pour financer leurs études supérieures, ou encore des assurances », explique-t-elle.

A travers Vybe, Canelle entend se faire la porte-parole de la jeune génération.  « Je ne suis pas la seule jeune entrepreneure, j’en côtoie beaucoup d’autres à travers des réseaux comme The Family. Mais j’espère pouvoir inspirer d’autres jeunes qui peut-être ne se sentent pas légitimes pour se lancer. Il faut savoir prouver sa légitimité, puis après, il n’y a plus de questions à se poser.  Je suis certaine que l’on va observer des changements incroyables dans le monde professionnel. On observe déjà l’émergence de nouveaux modes de rémunération. Par exemple, des gamers monétisent ce qu’ils aiment faire avec les jeux vidéos, et il existe même de la monnaie virtuelle sur TikTok. Tous ces phénomènes vont forcément changer les modes de consommation, et le monde professionnel en général », conclut la jeune femme.

Paulina Jonquères d’Oriola

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