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Qui est Kamala Harris, première femme vice-présidente des Etats-Unis ?

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Première femme à être élue vice-présidente, Kamala Harris, d'origine jamaïcaine et indienne, donne un nouveau visage à la politique américaine.

« Monsieur le vice-président, je suis en train de parler. » Un ton ferme, une voix puissante, un sourire autoritaire, un regard fort: lors du débat du 7 octobre qui l’opposait à l’ancien vice-président Mike Pence, Kamala Harris a marqué les esprits avec cette phrase, répétée à plusieurs reprises, pour contrer les interruptions constantes de son rival lorsqu’elle avait la parole. Parce qu’il faut le dire, Kamala Harris sait se faire entendre et se faire respecter.

 En devenant la première femme noire élue vice-présidente des États-Unis, Kamala Harris est devenue un symbole. Son parcours et son ascension inspirent et font d’elle un modèle pour de nombreuses femmes américaines. Lors de son premier discours de vice-présidente à Wilmington, dans le Delaware, elle a voulu à son tour rendre hommage “aux générations de femmes noires, asiatiques, blanches, hispaniques et amérindiennes qui, tout au long de l’histoire [des Etats-Unis] ont ouvert la voie pour permettre à ce moment là d’avoir lieu.”

Kamala, sa mère et sa soeur 

Kamala Harris est née à Oakland, en Californie, en 1964, d’une mère indienne et d’un père jamaïcain, tous deux activistes à l’époque. Elle grandit dans la région de la Baie de San Francisco, mais voyage souvent en Inde pour rendre visite à sa famille. À 12 ans, après que leurs parents aient divorcé, elle déménage avec sa sœur, Maya, et leur mère à Montréal, où celle-ci avait obtenu un poste d’enseignante à l’université de McGill. Pendant la campagne présidentielle, Kamala Harris a souvent parlé du rôle important qu’a joué sa mère, Shyamala Gopalan Harris, dans son parcours et l’a décrite samedi dernier comme étant “celle à qui elle doit [sa] réussite.”

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Kamala et sa soeur sont aussi très proches. Plus jeune, c’est Kamala qui protégeait Maya dans la cour de recreation. Cette année, c’est Maya qui a endossé ce rôle en devenant sa directrice de campagne. Elle a pu conseiller sa grande soeur, critiquer ses choix et ses paroles, sans jamais la juger pour autant et cherchant toujours à défendre ses intérêts. 

Un parcours prestigieux et inspirant 

La vice-présidente a, par la suite, fréquenté l’Université d’Howard, la prestigieuse université historiquement afro-américaine de Washington. Elle devient, dans le même temps, membre de l’association d’étudiantes noires Alpha Kappa Alpha Sorority. Après avoir obtenu sa licence en 1986 et un diplôme de la faculté de droit de l’université de Californie en 1989, elle passe le barreau l’année suivante et rejoint le bureau du procureur du comté d’Alameda en tant qu’assistante du procureur de district. C’est à ce moment-là que commence son ascension politique.

“Je suis peut-être la première femme à occuper ce poste, mais je ne serai pas la dernière”, a-t-elle déclaré samedi dernier. En effet, Kamala Harris a été pionnière à de nombreuses reprises au cours de sa carrière. En 2003, Kamala Harris remportait la course pour le poste de procureure de San Francisco puis pour celui de procureure général de Californie en 2010, devenant ainsi la première femme noire à occuper un tel poste dans cet état . En 2016, elle devient la deuxième sénatrice afro-américaine des États-Unis après Carol Moseley-Braun. Depuis samedi 7 novembre, elle est la première femme à devenir vice-présidente des États-Unis. 

Une personnalité politique qui ne fait pas l’unanimité 

Engagée aux côtés d’Obama depuis 2008, elle se lance dans la course présidentielle début 2019. Ses talents d’oratrice et sa persévérance font d’elle une candidate prometteuse dès les premières étapes des primaires démocrates. Mais Kamala Harris quitte finalement la course un an après car elle manque de moyens pour financer sa campagne et qu’elle n’arrive pas à fédérer. Rapidement, de nombreux électeurs et électrices lui reprochent de ne pas avoir de positions assez claires et progressistes sur plusieurs sujets et de ne pas vouloir se détacher radicalement de son passé de procureure.

En effet, plusieurs décisions prises durant sa carrière ne font pas l’unanimité du côté des démocrates et plus particulièrement au sein des groupes les plus marginalisés comme la communauté afro-américaine, hispanique et LGBTQ +. Opposition à la légalisation du cannabis, poursuite des parents d’enfants absentéistes, refus de fournir un suivi médical aux personnes transgenres en prison, prise de position modérée face aux violences policières … Celle qui décrit aujourd’hui les femmes noires comme étant « le pilier de la démocratie américaine » doit donc encore convaincre une partie de la gauche qui la trouve idéologiquement floue et souvent opportuniste. 

Un duo complémentaire 

Et elle en aura la possibilité car malgré des échanges houleux entre les deux candidats durant les débats des primaires démocrates,  Joe Biden la désigne comme colistière officielle en août 2020 ce qui lui permettra de finalement accéder à la Maison Blanche cette année. Si Kamala Harris et Joe Biden se connaissent depuis plusieurs années, ce choix est avant tout stratégique. En effet, Kamala Harris incarne tout ce qu’il lui manque : elle est relativement jeune, elle représente plusieurs minorités, elle symbolise le rêve américain et beaucoup s’identifient plus à elle qu’à Joe Biden. 

C’est pourquoi, de nombreux militant.e.s de terrain attendent de la vice-présidente qu’au-delà du symbole que son élection représente, elle prenne, aux côtés de Joe Biden, de réelles décisions et actions qui créeront un système plus égalitaire et juste. Kamala Harris est apparement prête à relever le défi puisqu’elle déclarait à Wilmington il y a quelques jours : “C’est maintenant que commence le vrai travail […] pour sauver des vies et vaincre cette épidémie. Pour reconstruire notre économie, afin qu’elle fonctionne pour les travailleurs. Pour éradiquer le racisme systémique dans notre système judiciaire et notre société. Pour combattre la crise climatique. Pour unir notre pays et guérir l’âme de notre nation.”

Amélie Tresfels

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