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Comment rester serein quand tout s’effondre

Comment rester serein
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Alors que nos repères et nos cadres basculent face aux crises multiples auxquelles nous sommes confrontés, le webinaire du 26 octobre a invité les lectrices et membres de Business O Féminin à poser un autre regard sur le quotidien, à s’inscrire en mouvement dans un cheminement avec le philosophe et écrivain Fabrice Midal. L’auteur de Comment rester serein quand tout s’effondre (Flammarion) nous a menées, pendant une heure, en compagnie de Véronique Forge, fondatrice du magazine, sur un cheminement lumineux.

Dépasser les discours

Une crise ne devient catastrophique que si nous y répondons par des idées toutes faites. » Les mots d’Hannah Arendt résonnent au regard du contexte actuel. Aussi, Fabrice Midal nous invite à « mettre en perspective cette période » qui bouscule notamment notre raison d’être. Déplorant ce « très grand malaise dans notre société », le philosophe et fondateur de l’école occidentale de méditation évoque les discours porteurs de violence présents en nombre.

Les médias y sont parties prenantes. Les discours ambiants sont culpabilisateurs : il est reproché de ne jamais en faire assez. « L’air de rien, ces discours nous manipulent ». Or, le philosophe rappelle que les personnes faisant des burn out, veulent trop bien faire. « Comprendre la charge mentale » est importante : l’impression d’être en faute est bien là, tout comme le dénigrement de soi.

 Pour l’auteur de Comment rester serein quand tout s’effondre, il y a une « instrumentalisation de nous même ». Il est nécessaire de « reconnaitre et de valoriser ». L’écoute est de mise. Alors que gérer son stress est présenté comme un impératif, Fabrice Midal invite davantage à l’« écouter et le rencontrer ».

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En effet, bien souvent, « nous ne sommes pas autorisés à ressentir ce que nous ressentons », explique-t-il. Il évoque ainsi l’enfant angoissé, en colère ou triste, que l’on accueille et que l’on essaie de comprendre. Le philosophe souligne que « l’étape préalable à toute évolution pour l’enfant est l’écoute. » Il invite ainsi à oser sentir et à « être à l’écoute de nos désirs ».

 Accepter l’inconfortable

« Quand un homard grandit, sa carapace devient trop étroite. Il est obligé de l’enlever pour aller de l’avant, avoir une nouvelle carapace et se déployer ». Le crustacé évoqué par le philosophe manifeste pleinement l’adaptation. Malgré l’inconfort, le voici serein « car il sent que c’est le temps de changer de carapace ».

En effet, le bonheur ne consiste pas en un confort. A l’image du jeune enfant qui tombe, il se relève et avance. C’est, en effet, inconfortable de sortir de ce que l’on connait. Et pourtant, c’est bien ce qui nous rend heureux.  « C’est un bonheur de transformer ce qui arrive en adversité », considère Fabrice Midal.   Aujourd’hui, l’incertitude est présentée comme une nouveauté. Or, la vie est faite de certitudes et d’incertitudes. Ainsi, on a besoin de sécurité pour rencontrer l’insécurité à l’image de l’enfant pour « explorer le monde ».  Pour Fabrice Midal, « être adulte, c’est accepter qu’il n’y ait pas de sécurité totale ».

Alors qu’ « on est confinés avant d’être confinés » considère Véronique Forge lors de l’échange avec le philosophe, il est exaltant de sortir d’une habitude. L’auteur de Comment rester serein quand tout s’effondre rappelle combien la vie est riche et note que « les autoroutes ne sont pas les plus belles expériences du chemin ». Aussi, le philosophe déplore l’idée que l’on doit se sentir bien lorsque l’on reçoit une bonne nouvelle et vice-versa. Pour lui, on ne doit pas être prisonnier d’une réaction face à ce qui se passe. Il s’agit de sentir sa liberté.

Trouver sa force

« Se demander ce qui nous rend heureux ; c’est se demander quelle vie nous voulons vivre » considère Fabrice Midal. Le philosophe évoque les grilles de lecture de la sérénité. Au modèle statique que nous entendons à longueur de journée, il propose un modèle dynamique. Le philosophe cite ainsi l’expérience du flow du psychologue Mihály Csíkszentmihályi et l’impression d’être porté par quelque chose de plus grande que soi.

Fabrice Midal l’affirme : « on a des ressources en nous ». Le fondateur de l’école occidentale de méditation invite à « se libérer et à aller au plus profond de soi-même ». La méditation permet d’« entrer en rapport avec ce qu’on vit et de sortir de soi-même ». En effet, on ne peut savoir d’avance les forces qui sont en nous, explique Fabrice Midal. « En faisant, on découvre que l’on est plus résilient et plus créatif ». La vie consiste à accepter le mouvement. Prêtes pour la formidable aventure qu’est la vie ? 

Mathilde Aubinaud

Comment rester serein quand tout s’effondre, Fabrice Midal, (Flammarion), 2020.

Fabrice Midal

 

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