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Lunii, la Fabrique à Histoires qui a déjà séduit près d’un million d’enfants

Lunii
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Avec près de 700 000 boîtiers écoulés chaque année en France et à l’étranger, Lunii connaît un franc succès depuis sa commercialisation en 2016. Co-fondée par Maëlle Chassard et trois autres associés, l’entreprise vient tout juste de rapatrier sa production dans l’hexagone. Récit d’une merveilleuse success story.

Si vous avez de jeunes parents dans votre entourage, sans doute avez-vous entendu parler de Lunii, un petit transistor ultra-intuitif permettant aux enfants de composer leur propre histoire. Pour ce faire, les petits choisissent d’abord un héros, un compagnon, un lieu et un objet grâce à des images, puis le récit sonore débute pour laisser place à l’imagination.

Une idée ingénieuse née dans l’esprit de Maëlle Chassard en 2010, alors qu’elle était encore étudiante en école de design. « Mon mémoire portait sur l’imaginaire et j’ai été frappée par les études démontrant que la créativité des enfants était en baisse à cause des écrans. Quand j’étais petite, je passais mon temps à écouter des disques ou cassettes. C’est pour cela que j’ai voulu créer un objet interactif pour remettre au goût du jour les contenus audios », nous explique-t-elle. 

La phase d’industrialisation, le plus grand défi

Maëlle s’entoure alors de trois associés : Igor, chargé du business, Thomas, prototyper et Eric pour la technique. Après avoir testé l’engouement des familles entre 2013 et 2014 avec des prototypes, la petite équipe de Lunii se lance dans la phase d’industrialisation. « C’est là que les ennuis ont commencé, ça a été très fastidieux mais nous avons énormément appris », plaisante Maëlle. En effet, aucun des membres de l’équipe ne possède d’expérience dans l’industrie.

Mini Guide Entrepreneuriat

Les associés tentent tout d’abord de contacter des bureaux d’études français pour produire dans l’hexagone. Malheureusement, leurs moyens sont trop limités. « Nous avons ensuite rencontré un expert en industrie du jouet qui travaillait dans un bureau d’études avec une succursale à Lyon, et une autre en Chine. C’est lui qui nous a présenté une petite usine familiale à Shenzhen avec laquelle nous avons commencé », raconte la co-fondatrice de Lunii. Durant 18 mois, l’équipe multiplie les allers-retours avec le bureau d’études pour arriver au « golden prototype », et ainsi passer en phase de production puis commercialisation.

Un coup de poker payant

Si la phase d’industrialisation s’est avérée ardue, la commercialisation a été plus aisée. L’objectif premier de Maëlle et ses associés était de se faire connaître en magasin, le produit requérant une petite démonstration pour comprendre son utilisation. « Très naïvement, nous sommes rentrés dans un magasin Nature et Découvertes pour savoir comment vendre Lunii chez eux. La vendeuse m’a donné le contact du Directeur des achats et quelques jours plus tard, nous avions rendez-vous au siège social » se souvient-elle.

L’équipe a aussi réussi à embarquer Oxybul dans l’aventure. « Ces deux enseignes ont bien voulu attendre plusieurs mois que notre produit soit prêt, ce qui a été très rassurant », ajoute-t-elle. Parallèlement, Lunii lance une première levée de fonds en 2016 afin de financer quelques 20 000 transistors quand les actionnaires leur conseillent plutôt de n’en produire que 5000.

« Je dois dire que là-dessus, Igor a eu un nez incroyable. Mais il a fallu redoubler d’efforts pour tout écouler. Notre position dans les magasins a été un grand facteur de succès, ainsi que le bouche à oreilles. Au lancement de Lunii, nous étions partout : salons, pitchs, concours ou encore crowfunding… Les parents qui nous ont suivis ont été nos meilleurs ambassadeurs. Aujourd’hui, nous avons une communauté de « luniens » sur Facebook qui est très active », raconte Maëlle.

Maëlle Chassard, co-fondatrice de Lunii

Relocaliser, un choix militant

Alors que Lunii a déjà écoulé près de 700 000 transistors, la crise du Covid a indéniablement impacté l’entreprise qui a dû revoir ses objectifs annuels. Dans le même temps, le confinement a fort logiquement renforcé l’intérêt des parents. Avec un chiffre d’affaires estimé entre 16 et 19 millions d’euros cette année, Lunii vient tout juste de rapatrier sa production au Pays-Basque, créant au passage 5 emplois. Une démarche enclenchée en 2018 qui leur a coûté environ 1 million d’euros.

« Nous nous étions promis de relocaliser dès que ce serait possible, sans pour autant augmenter notre prix public et sans mettre en péril la société. Pour cela, nous rognons clairement nos marges mais nous avons aussi dû simplifier le processus de fabrication », rapporte Maëlle qui espère que Lunii pourra être une source d’inspiration pour d’autres entreprises souhaitant adopter la même démarche. « Nous aimerions également améliorer la coque de Lunii afin qu’elle provienne de matériaux biosourcés », poursuit l’entrepreneure.

Une prochaine levée de fonds

Déjà présente en Suisse, en Belgique, en Italie, en Espagne et aux Etats-Unis, l’entreprise désire poursuivre son développement à l’international. Pour cela, elle compte réaliser une troisième levée de fonds cette année en Série B.

« Nous souhaitons toujours garder le contrôle de Lunii pour prendre les décisions stratégiques. C’est pourquoi nous cherchons les bons partenaires pour continuer à grandir », explique-t-elle. Outre la conquête des marchés étrangers, Lunii tricote en arrière-cour d’autres projets pour séduire des tranches d’âge plus élevées. De quoi rajouter encore de beaux chapitres à cette formidable épopée entrepreneuriale.

Envie d’entreprendre ? Les deux conseils de Maëlle Chassard, fondatrice de Lunii

« 1. Ne vous lancez pas seule ! Il est toujours plus enrichissant de se lancer à plusieurs, à condition bien sûr de partager les mêmes valeurs. Ce sont elles qui régiront votre prise de décisions. Assurez-vous donc d’être bien alignée avec votre/vos partenaire(s). Par exemple, Igor, mon meilleur ami et associé, est une grande source d’inspiration. 

Notre comité d’actionnaires et de Direction nous permet aussi de prendre les bonnes décisions. Quand les autres n’ont pas le même point de vue, cela nous permet soit de changer d’avis, soit d’argumenter mieux notre vision. ».

2. Aujourd’hui, il est impossible de nier la catastrophe écologique dans laquelle nous sommes. C’est pourquoi je recommande de se lancer directement dans un projet avec une démarche responsable. Même si rien n’est parfait au démarrage, il faut que cela soit inclus dans le vision board afin de faire évoluer le produit pour qu’il devienne de plus en plus responsable ».

Paulina Jonquères d’Oriola

Découvrir le site de Lunii.fr

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