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Peut-on tout pardonner ?

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Pardonner est souvent vécu comme le fait d’oublier ce qui nous a blessé, de cautionner ce que l’on nous a fait… Olivier Clerc, auteur de « Peut-on tout pardonner ? », nous livre les clés pour dépasser ces obstacles et nous incite à penser le pardon comme une manière de guérir ses blessures.

Que ce soit au travail ou dans la sphère privée, il est parfois difficile de pardonner à ceux qui nous ont blessés. Et d’ailleurs, le faut-il vraiment ? Pour Olivier Clerc, auteur de « Peut-on tout pardonner ? » aux éditions Eyrolles, la question mérite d’être posée autrement en « redéfinissant le pardon comme la guérison des blessures de son propre cœur. La vraie question, qui sous-tend celle-ci, est donc plutôt : est-ce que je peux guérir, après ce que j’ai subi ? Est-ce que je vais pouvoir à nouveau aimer, sourire, connaître la joie ? ». Lui-même travaille sur le sujet du pardon depuis des années.

En 1998, il a traduit « Les Quatre Accords toltèques » de don Miguel Ruiz avant d’aller le rencontrer au Mexique. A cette occasion, il a vécu une expérience du pardon totalement inédite qui a transformé sa vie. « Il y a eu un avant et un après. J’ai relaté cette rencontre dans Le Don du Pardon (Trédaniel 2010). Je me suis ainsi rendu compte qu’il y avait un énorme besoin de méthodes pour pardonner, qui ne soient pas nécessairement religieuses », se souvient l’auteur. A travers son nouvel ouvrage, il met en lumière les principaux obstacles à ce pardon et comment les surmonter.

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Les obstacles au pardon

Dans son livre, Olivier Clerc relève une quinzaine d’obstacles au pardon, une notion qui selon lui est très souvent mal comprise. Ainsi, par exemple, lorsque l’on pardonne à quelqu’un cela ne revient pas à cautionner ce qu’il nous a fait, ni à oublier, ni même à se réconcilier… Pardonner n’implique pas non plus d’attendre que l’autre se repente et demande notre pardon. C’est une démarche personnelle. « C’est un autre obstacle au pardon, justement : croire qu’on ne peut pas trouver la paix du cœur tant que l’autre ne s’est pas excusé et repenti, et qu’il ou elle ne nous a pas demandé pardon. Fort heureusement, ce n’est pas vrai. Bien sûr, c’est l’idéal mais cet idéal, bien souvent, ne se réalise pas.

Pourtant, on peut arriver à cette guérison du cœur, à ne plus haïr, à être en paix et aimant, à nouveau », assure Olivier Clerc. Pour se mettre dans de bonnes conditions pour trouver cette paix intérieure malgré les souffrances vécues, on peut déjà commencer par faire le point entre ce que le pardon est et n’est pas et se rappeler que l’objectif du pardon est de parvenir à tourner la page, à se sentir mieux pour oser de nouveau faire confiance, aller de l’avant…

Plusieurs méthodes

Au travail, les raisons d’être amer ou en colère sont variées. Ce peut être dû à un manager qui nous rabaisse, à un collègue qui trahit et obtient le poste convoité… Avant toute chose, pour pouvoir pardonner et donc guérir son cœur, il est nécessaire que cette agression ait cessé. « Le pardon n’est pas là pour laisser une situation inacceptable perdurer. Par conséquent, la première chose à faire, bien souvent, est de s’extraire d’une relation ou situation qui nous est nuisible. Ensuite, il existe de nombreuses approches aujourd’hui qui permettent de faire œuvre de pardon, comme les quatre que je cite dans mon livre, ho’oponopono, le pardon radical, le Don du Pardon, ou encore les neuf étapes du pardon du Dr Luskin », ajoute l’auteur. Le Don du Pardon, par exemple, a été transmis à Olivier Clerc par don Miguel Ruiz. Ici il s’agit d’apprendre à demander pardon plutôt que de pardonner.

Cette approche peut donc sembler paradoxale puisque c’est nous qui avons souffert mais elle vise à se redonner du pouvoir. Si l’on attend que l’autre demande pardon,  cela peut prendre des années voir ne jamais arriver s’il est décédé. La cicatrisation de son cœur dépend de soi. « Oui, c’est l’autre qui m’a fait la blessure première : mais c’est moi, depuis, qui par ignorance, par maladresse ou inconscience, ne cesse de la raviver, voire de l’aggraver », écrit Olivier Clerc dans « Peut-on tout pardonner ? ». Le Don du pardon est constitué de 4 étapes :

  • Demander pardon aux autres : on visualise les personnes avec qui les relations sont tendues et on leur demande pardon ; « pour celles qui m’ont fait du mal : pardon d’avoir utilisé ce qu’elles ont fait, comme prétexte à garder mon cœur fermé et à distiller mon ressentiment et ma haine », note Olivier Clerc. 
  • Demander pardon à ses boucs émissaires : On cesse de diaboliser des groupes entiers de personnes (les riches, les patrons, un groupe politique, les ressortissants de tel pays…) pour éviter de produire des sentiments négatifs envers n’importe qui à partir d’a priori car ces pensées toxiques en nous traversant nous empoisonnent.
  • Demander pardon au « plus grand que soi » : selon sa philosophie et ses croyances, on demande pardon à Dieu, à la Vie, à la Nature… ces entités que l’on incrimine quand on a des coups durs. « Cette étape permet d’arrêter d’utiliser ce qu’il y a de plus grand, de plus beau et plus sacré, comme un prétexte supplémentaire pour broyer du noir dans son cœur. C’est une projection supplémentaire qu’on interrompt, un pouvoir de plus que l’on reprend en soi », écrit l’auteur.
  • Se demander pardon à soi-même : pour toutes les fois où l’on se juge, où l’on s’auto-critique, où l’on est en conflit avec soi… C’est une manière de faire la paix intérieure.

Le pardon est avant tout un travail personnel dans un premier temps pour ne plus souffrir. Quant à l’agresseur, la personne qui nous a trahit, la réponse se fait au cas par cas et demande du discernement. Parfois une réconciliation est possible, parfois c’est la fin d’une relation. « Enfin, il est parfois nécessaire d’aller en juste… mais avec le cœur en paix, et ça fait toute la différence », ajoute Olivier Clerc. Et lorsque les souffrances sont vécues dans la sphère privée, même si le processus est plus difficile car les liens affectifs sont plus forts, « c’est là, souvent, que s’opèrent les transformations les plus belles et les plus bouleversantes ! L’essentiel est de ne pas rester seul, de cheminer avec d’autres », conseille l’auteur qui anime également des Cercles de pardon* où chacun peut faire ce travail de guérison du cœur en groupe.

* https://www.cerclesdepardon.fr/

Dorothée Blancheton 

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