5 femmes qui dirigent les plus grandes scale-up du monde en 2026

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Valorisations à dix chiffres, groupes centenaires, secteurs entiers redessinés par l’intelligence artificielle… En 2026, plusieurs femmes ont pris ou consolidé des positions de pouvoir à une échelle rarement atteinte. Voici cinq trajectoires, entre IA, tech, mode et santé, qui donnent la mesure de ce que « scaler » veut vraiment dire à l’international.

Mira Murati, l’ancienne CTO d’OpenAI qui lève des milliards en solo

Mira Murati

Pendant six ans et demi, Mira Murati a été directrice technique d’OpenAI, pilotant le développement de ChatGPT, DALL-E et du mode vocal, l’un des postes les plus stratégiques de toute l’industrie de l’IA. Fin 2024, elle quitte l’entreprise pour fonder Thinking Machines Lab avec d’anciens collègues. Son entreprise développe des modèles d’IA et des outils pour rendre la recherche accessible à davantage de monde : son premier produit, Tinker, permet à des chercheurs et développeurs d’affiner eux-mêmes des modèles de langage. En juillet 2025, elle boucle la plus grosse levée d’amorçage de l’histoire de l’IA : 2 milliards de dollars, pour une valorisation de 12 milliards. Puis, elle signe en mars 2026 un partenariat pluriannuel avec Nvidia portant sur un gigawatt de puissance de calcul.

Elle inspire pour une raison précise : elle prouve qu’on peut quitter le sommet d’un géant de la tech, à un moment où tout semblait acquis, pour rebâtir seule un acteur de cette envergure. Sans repartir de zéro sur la crédibilité, mais sans non plus se reposer dessus.

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Fei-Fei Li, la « marraine de l’IA » qui réinvente la troisième dimension

Fei-Fei Li

Professeure à Stanford, Fei-Fei Li est une figure fondatrice de la vision par ordinateur : ses travaux ont posé les bases de la manière dont les IA modernes « voient » les images. En 2024, elle lance World Labs, une startup consacrée à l’« intelligence spatiale », des modèles d’IA capables de comprendre et de générer des environnements en 3D à partir d’une simple photo ou d’un texte. Non plus seulement des images plates. Son premier produit commercial, Marble, lancé fin 2025, permet de transformer une image en univers 3D explorable. En février 2026, la société lève 1 milliard de dollars auprès de Nvidia, AMD et Autodesk, portant sa valorisation à environ 5 milliards de dollars.

Elle inspire parce qu’elle incarne un profil encore rare : une scientifique de très haut niveau, reconnue académiquement bien avant d’être connue du grand public, qui choisit à un moment de sa carrière de transformer cette autorité intellectuelle en entreprise à l’échelle mondiale, plutôt que de rester cantonnée au rôle de chercheuse consultée.

Melanie Perkins, de 100 refus de VC à l’un des scale-up les plus valorisés au monde

Melanie Perkins

Refusée par une centaine d’investisseurs, l’Australienne Melanie Perkins cofonde malgré tout Canva en 2012 depuis Sydney, loin des réseaux de la Silicon Valley. Le logiciel, pensé pour rendre le design graphique accessible à celles et ceux qui n’ont aucune formation dans le domaine, propose aujourd’hui des outils allant du simple visuel pour réseaux sociaux à des suites complètes pour les entreprises. Elle intègre aujourd’hui de plus en plus l’IA générative dans la création, notamment via Magic Studio. Canva revendique plus de 130 millions d’utilisateurs actifs par mois, et sa valorisation, plusieurs fois réévaluée à la hausse depuis 2021, est estimée en 2026 à plusieurs dizaines de milliards de dollars. Canva devient l’un des scale-up les plus valorisés au monde fondés et dirigés par une femme.

Elle inspire par la constance de sa conviction : construire un produit pensé pour les non-designers, envers et contre des dizaines de refus, plutôt que de pivoter vers une idée jugée plus finançable. Elle s’est aussi engagée à reverser plus de 80 % de sa participation à sa fondation.

Emma Grede, celle qui a structuré l’empire Skims et Good American

Emma Grede

Arrivée aux États-Unis depuis Londres, Emma Grede cofonde en 2016 Good American avec Khloé Kardashian, avec un pari alors jugé risqué : proposer du denim dans un éventail de tailles bien plus large que la norme du secteur, du 00 au 32. La marque devient le plus gros lancement de denim de l’histoire du secteur. Trois ans plus tard, elle est de nouveau partenaire fondatrice de Skims, la marque de shapewear et loungewear cofondée avec Kim Kardashian, qui a dépassé le milliard de dollars de chiffre d’affaires annuel. Fin 2025, elle affiche une valorisation de 5 milliards de dollars. En 2026, elle publie son premier livre, Start With Yourself, sur son approche du travail et de l’entrepreneuriat.

Elle inspire par ce qu’elle représente en creux : dans des marques largement associées à leurs visages célèbres, c’est elle qui a structuré le modèle économique, la stratégie produit et l’organisation. Un rappel que la réussite la plus visible cache souvent un travail de fond bien moins visible.

Julie Kim, la première femme à la tête de Takeda en 240 ans

Julie Kim

Après avoir dirigé les activités mondiales de plasma-dérivés puis les opérations américaines de Takeda, Julie Kim est nommée en juin 2026 présidente et directrice générale du groupe pharmaceutique japonais. Et ce, plus de deux siècles après sa fondation. Takeda développe et commercialise des traitements dans des domaines aussi variés que l’oncologie, les maladies rares, la gastro-entérologie ou la neurologie, avec une présence dans plus de 80 pays. Sa nomination fait d’elle la première femme à diriger l’entreprise de toute son histoire.

Elle inspire à double titre : par la nomination elle-même, dans un secteur pharmaceutique mondial où les femmes restent nettement sous-représentées aux postes de direction générale malgré des avancées récentes ; et par le chemin qui y mène, construit non pas depuis l’extérieur mais en gravissant, division après division, les échelons d’un même groupe.

Ce que ces cinq trajectoires ont en commun

Deux fondatrices d’entreprises d’intelligence artificielle valorisées en milliards, une entrepreneure autodidacte devenue l’une des femmes les plus riches d’Australie, une architecte de l’ombre derrière deux marques mondiales, une dirigeante propulsée à la tête d’un groupe centenaire. Ce que ces parcours partagent n’est pas un secteur ni une méthode. C’est une même capacité à occuper un espace encore largement masculin, à une échelle où chaque décision compte à hauteur de milliards de dollars ou de milliers de salariés. De quoi rappeler qu’aucune taille d’ambition n’est hors de portée.

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