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Levée de fonds : série A, B et C, kesako ?

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Alors que les femmes sont encore et toujours moins bien financées que les hommes, Anne Ravanona, fondatrice de Global Invest Her, nous livre ses conseils pour réussir sa levée de fonds en série A, B et C. En prime, une petite séance de rattrapage pour tout le monde !

La série A

Pour qui : La levée de fonds en série A intervient après la phase d’amorçage durant laquelle l’entrepreneur peut avoir levé jusqu’à 1 million d’euros environ (love money, business angels, prêt d’honneur…) pour financer ses prototypes, faire différents tests sur le marché… « Lorsque l’entrepreneur lève en série A, c’est qu’il existe maintenant de vrais signes de traction : les volumes de commande ou le nombre d’utilisateurs augmentent, la croissance explose de mois en mois et la start-up prend de plus en plus de parts de marché », explique Anne Ravanona.

Objectif : Avec cette levée, l’objectif va être de scaler en testant de nouveaux marchés, en développant de nouveaux produits, en faisant plus de marketing, en grossissant les volumes de vente…

Mini Guide Entrepreneuriat

Montant : de 1 à 5 millions d’euros en Europe

Quel type d’investisseurs : Il peut s’agir d’importants business angels qui vont prendre de gros tickets (minimum 100 000€), ou encore de sociétés de capital risque, c’est-à-dire des professionnels qui investissent de l’argent qu’on leur a confié, ce qui explique pourquoi ils demandent des rendements supérieurs, et imposent un niveau de pression différent.  « C’est aussi la raison pour laquelle il faut pouvoir présenter de vrais chiffres, peut-être deux ans de bilan. Il ne s’agit pas que de projections comme durant la phase d’amorçage », affirme la spécialiste.

Comment se prépare-t-on à lever des fonds en série A ?

1. Il faut viser le bon type d’investisseur : inutile d’aller taper à la porte d’un investisseur qui accompagne les entreprises en série C !  Il faut donc bien se renseigner au préalable en contactant par exemple d’autres entrepreneurs qui ont levé en série A afin de connaître le style de communication de l’investisseur ou encore son niveau de pression. « Il faut vraiment bien faire ses devoirs en regardant le porfolio d’entreprises accompagnées par l’investisseur », assure Anne Ravanona.

2. Il est aussi très important que l’investisseur soit aligné sur les valeurs et la vision de l’entrepreneur car les relations entre les deux parties vont durer 5, 6 voire 7 ans. « Il faut bien se souvenir que les investisseurs ne sont pas des chéquiers sur pattes, ce sont avant tout des partenaires, et qui peuvent parfois même vous éjecter en tant que PDG à tout moment, selon les termes que vous avez négocié dans le ‘term sheet’ », souligne notre experte.

3. Il est important de bien se préparer au niveau des chiffres en établissant des bilans et projections avec des assomptions claires. « A ce stade, vous allez vous présenter devant des investisseurs professionnels qui vont vous tester sur vos connaissances financières et stratégiques. Bien sûr, tous les investisseurs vont vous demander comment vous allez utiliser les fonds », poursuit la spécialiste.

4. Enfin, pensez à briefer votre équipe : si vous partez en levée de fonds, vous serez très peu présent physiquement pendant 3, 6 voire 12 mois. Il faudra donc bien préparer l’équipe pour qu’elle s’organise en amont en produisant par exemple des reporting et que vous la teniez au courant souvent afin de garder la motivation et l’implication des troupes.

5. Les entrepreneurs qui ont déjà levé en amorçage savent combien il est dur de lever des fonds. Mais en série A, la sophistication des joueurs change, « il faut vraiment que le fondateur devienne le pilote de la barque et sache se montrer comme un excellent leader fort », conseille Anne Ravanona.

La série B

Pour qui : B pour booster, voilà qui résume bien les enjeux d’une levée de fonds en série B. Cette série suppose une réussite en série A. A ce stade, l’entreprise n’est plus une startup mais plutôt en mode scale-up. « Ce sont des sociétés qui ont l’ambition de devenir de grandes entreprises, des licornes, de recruter des équipes à l’international », décrit Anne Ravanona.

Objectif : Aller chercher de nouveaux marchés en dehors de la France et viser l’international en recrutant des équipes. Il peut aussi s’agir de préparer le rachat de concurrents ou d’une société complémentaire.

Montant : de 2 à 10 millions d’euros en Europe

Quel type d’investisseurs : A ce stade, il ne s’agit plus de business angels (sauf exception), mais principalement uniquement de fonds de capital risque, des fonds institutionnels, CVC (fonds d’investissements corporate) ou des family office. « En série B, leurs exigences augmentent : les fonds veulent davantage de reporting et sont beaucoup plus présents lors des réunions du board », décrit la présidente de Global Invest Her. En Europe, peu d’entreprises parviennent à réaliser ce saut entre la série A et B, et beaucoup se retrouvent obligées d’aller aux Etats-Unis pour lever des fonds. La bonne nouvelle est que plus de 2,1 milliards d’euros viennent d’être injectés par Venture UE dans des fonds d’investissement en Europe. (Ressource: écouter l’épisode 4 de l’InvestHer Podcast pour en savoir plus)

Comment se prépare-t-on à lever des fonds en série B ?

1. Dans un monde rêvé, l’idéal est d’avoir trouvé des investisseurs qui pourront vous suivre de la série A à la série B. « Cela demande beaucoup d’efforts mais ces relations de partenaires sont précieuses », affirme Anne Ravanona.

2. Voir les conseils de la série A et rechercher les fonds européens qui viennent de créer des megafonds pour financer des séries B, notamment Aberdeen Standard Investments, Axon Partners Group, Isomer Capital, LGT, Lombard Odier Asset Management et Schroder Adveq.

La série C

Pour qui : Il s’agit d’entreprises qui visent très grand et ont prouvé qu’elles étaient extrêmement performantes, qu’elles fonctionnaient très bien sur le marché. Ce sont des sociétés qui visent des valorisations de plus d’un milliard. « On peut parler de licornes. A l’heure actuelle, on en compte seulement 7 en France, alors que le Président Macron s’est donné pour objectif d’en avoir 25 d’ici 2025 notamment en créant le Next 40 et en mobilisant les investisseurs institutionnels pour qu’ils investissent 5 milliards d’euros dans les scale-ups dans les prochaines années », souligne Anne Ravanona.

Objectif : L’objectif est de scaler au maximum en prenant de plus en plus de parts de marché en rachetant une autre entreprise par exemple. Il peut aussi s’agir d’injecter de l’argent dans l’entreprise en vue de son introduction en bourse, ou de sa vente à du capital privé comme une banque privée (private equity), des family offices ou se faire racheter par un grand groupe du secteur pour plusieurs centaines de millions d’euros.

Montant : Plus de 10 millions d’euros

Quel type d’investisseurs : Si parfois la BPI continue à suivre les entreprises, en règle générale, on va retrouver des sociétés de capital risque corporate type Axa, Sodexo, des family offices, des sociétés de private equity et surtout des sociétés de capital risque de niveau série C+ etc. En réalité, il faut bien comprendre qu’une fois arrivée à la série C, l’entreprise est vue comme un investissement plus sûr, ayant dé-risqué au maximum avant d’arriver à ce stade là.  Plus le montant de l’investissement augmente, moins celui-ci comporte de risques.

Comment se prépare-t-on à lever des fonds en série C ?

1. Si l’entreprise se prépare à une introduction en bourse, il faut qu’elle travaille en amont avec une société comme une banque d’investissement style JP Morgan, Goldman Sachs, ou des spécialistes afin de préparer les ‘prospectus’ qui vont mettre en ordre toutes les informations clés pour une due diligence pré mise sur le marché.

2. Il faut aussi que tous les papiers juridiques soient prêts et donc s’entourer des meilleurs avocats dans le domaine. Il s’agit d’un travail de longue haleine qui peut prendre jusqu’à un an, qu’il ne faut jamais prendre à la légère (écouter l’épisode 3 d’InvestHer Podcast sur l’impact du dernier fiasco de l’introduction en bourse ratée de Wework ). Il faut aussi aller s’appuyer sur les équipes des entreprises qui ont réussi leur entrée en bourse.

3. Dans le cas où l’entreprise se fait racheter par un grand groupe ou un concurrent, « il est important de se tenir au courant des acquéreurs potentiels (d’ailleurs, cela est valable dès la série A), ce sera une requête récurrente des fonds », poursuit la spécialiste.

Focus sur les femmes : le point de vue d’Anne Ravanona

« Les femmes ne touchent que 2,8% du capital risque alors qu’elles représentent 30% des entrepreneurs au niveau mondial.  Et pour cause : le monde du capital risque a été créé par et pour les hommes. A cause de nombreux biais conscients et inconscients, les investisseurs ont tendance à miser sur des personnes qui leur ressemblent, qui ont fait les mêmes études, suivi le même parcours. Les femmes devront faire face à des questions biaisées qui n’auraient jamais été posées à des hommes : elles doivent donc avoir deux fois plus la niaque et apprendre à connaître le jeu et les joueurs. De surcroît, les hommes ne sont pas très friands de projets qui concernent des problématiques exclusivement féminines : ces biais se sont bien vus dans l’appli de santé d’Apple qui avait carrément omis de monitorer les règles des femmes dans leur app de santé (chose corrigée plusieurs années plus tard) ! Même si de grandes opportunités de marché s’offrent à eux, ils ne les comprennent pas toujours. Et on constate malheureusement un énorme manque de femmes investisseurs (uniquement 11% de femmes de niveau Partner dans les sociétés de capital risque au niveau mondial ».

3 conseils spécialement dédiés aux femmes

1. Allez voir d’autres femmes qui ont réussi leur levée pour vous en inspirer. (voir Global Invest Her pour plus de ressources)

2. Pensez grand, croyez-en vous et demandez plus d’argent sous peine de voir vos parts se diluer à chaque passage de série et devoir passer plus de temps à lever des fonds que de faire grandir votre société. Et si vous n’osez pas, demandez en deux tranches.

3. Préparez-vous à essuyer des non sans le prendre personnellement, surtout qu’après la phase d’amorçage, c’est moins le potentiel personnel de l’entrepreneur qui est jaugé.

Alors accrochez-vous ! De plus en plus de fonds investissent spécifiquement dans les femmes, c’est le moment de foncer ! ” Yes you can, yes you will get funded!”

Liens utiles

Les sociétés de capital risque Séries A en France

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Paulina Jonquères d’Oriola

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