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Faire plus de tâches pour le même salaire : les clés pour refuser sans se griller !

clés pour refuser

Accepter toutes les demandes des collègues et managers peut être source d’épuisement et de découragement. D’autant plus s’il n’y a pas de reconnaissance en retour. Voici quelques clés pour refuser sans vous mettre tout le monde à dos.

Votre manager vous a demandé d’en faire davantage. Bizarrement aucune contrepartie financière ou autre n’a été évoquée. Un schéma que vous commencez à connaître. Ce n’est pas la première fois que l’on vous charge de former un stagiaire, de prendre une partie des dossiers de Line partie en congé mat’ ou de démarcher tel nouveau secteur… Malgré vos efforts, il n’y a pas de reconnaissance à espérer. Pourtant, vous avez du mal à refuser.

D’après Amélie Favre-Guittet, présidente de Talent Management Groupe, spécialiste des RH et de l’accompagnement vers l’emploi et conférencière, c’est avant tout une question d’éducation. « Les filles et les garçons ne sont pas élevés de la même manière. Les garçons sont poussés à l’extrême pour en faire plus et sont récompensés par des compliments. Les filles, elles, se doivent d’être sages et de ne rien dire », déclare-t-elle. Arrivées dans le monde professionnel, les femmes conservent cette tendance à travailler dans la discrétion et à accepter de toujours en faire plus en pensant qu’elles seront naturellement récompensées. Si on vous demande d’en faire davantage sans contrepartie, mieux connaître les clés pour refuser au risque de vous démotiver et vous épuiser.

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Se questionner pour poser son cadre et ses limites

Charline Auguste, coach, praticien en PNL et fondatrice de LookupXCharline, un cabinet spécialisé en développement humain et expérience collaborateur, encourage à se questionner : « Qu’est-ce que le fait de dire « oui » dit de nous ? Pourquoi dit-on « oui » à tout ? Quel message inconscient envoie-t-on à ses collègues, managers, dirigeants ? Se sent-on redevable d’être ici ? A-t on besoin d’en faire plus pour justifier et mériter sa place ? A quelle peur répond- t-on quand on agit ainsi : la peur d’être impolie ? La peur du conflit ? De perdre des opportunités ? ».

En se posant ces questions, vous prenez de la hauteur sur votre comportement. Demandez-vous également quels sont vos objectifs professionnels et si le fait de dire « oui » à chaque demande ne vous dessert pas. Est-ce que ça va appuyer vos compétences ? Allez-vous briller davantage ? Quelles conséquences cela peut avoir sur votre vie professionnelle ou personnelle ? « Parfois, en acceptant toutes les demandes, on se brûle les ailes et on s’épuise. Accepter toutes les missions peut être perçu comme une faille, comme le fait de ne pas savoir où sont ses priorités, de ne pas se respecter. Sera-t-on capable de délivrer un travail toujours aussi qualitatif en étant surchargée ? », interroge Charline Auguste. La coach incite à écouter son cœur, son corps et son intuition avant de répondre. Forte de ce travail d’introspection, vous serez plus sûre de vous pour refuser une demande car vous saurez pourquoi vous le faites.

Analyser la situation pour mieux lâcher-prise

Analysez ensuite les situations où vous n’avez pas su dire « non » et rappelez-vous les frustrations que vous avez alors ressenties. Pourquoi étiez-vous en colère ? Décortiquez vos émotions et cherchez des solutions pour ne plus les vivre. Mettez des mots sur vos compétences en les écrivant sur un papier : « Je sais faire ça, je n’ai plus envie de faire ça... ». Selon Amélie Favre-Guittet, ce qui compte c’est d’être contente du job que vous faites sans attendre la reconnaissance des autres et de lâcher-prise par rapport à ça. Ce n’est pas parce que vous en ferez plus au travail que vous serez plus heureuse ou épanouie si vous n’avez pas de contrepartie. La spécialiste conseille de chercher l’épanouissement dans d’autres domaines qui vous le rendront : relations familiales, amicales, passions artistiques, cultures, sportives, caritatives…

S’entraîner

Dire « non » peut s’avérer difficile. Amélie Favre-Guittet conseille de commencer par vous entraîner dans votre sphère privée pour gagner en assurance. Apprenez à dire « non » à un vendeur, à votre conjoint, à des amis… Vous gérerez plus facilement votre stress. Et si besoin, prenez une inspiration profonde ou touchez un « grigri » avant de répondre.

Refuser sans offenser : une réponse brève

La décision prise, reste à décliner la demande sans froisser votre interlocuteur. « Tout peut s’entendre et se dire à condition d’y mettre les formes », défend Charline Auguste. Optez pour un « non » formulé avec bienveillance. Dans un premier temps, la coach suggère d’éviter de donner des détails et de se justifier. Vous pouvez simplement dire : « Là, je suis désolée mais ce n’est pas possible », « je ne peux pas ». Si vous êtes sûre de vous, restez brève et n’y mettez pas d’affect. Votre interlocuteur peut accepter votre réponse et passer à autre chose.

Expliquer sa situation

Si cette réponse brève ne suffit pas, que votre interlocuteur insiste, argumentez calmement votre refus : « Je suis désolée, si je n’avais pas ce dossier en cours je pourrais t’aider mais là ce n’est pas possible pour moi ». Vous indiquez ainsi à votre manager que vous avez une mission plus importante à mener. Et que vous souhaitez vous y consacrer pleinement pour la réussir.

Différer sa réponse

Vous pouvez aussi vous laisser le temps de réfléchir à la demande en répondant par exemple : « Ce n’est pas le bon moment pour moi. Tu peux m’en reparler dans un mois ou deux ? » ou « Envoie-moi un brief et je te réponds plus tard » ou « j’entends ta demande, je vais y réfléchir » ou bien encore « C’est possible de décaler l’échéance ? ».

Trouver une autre solution

Pour éviter d’accepter une énième demande, Charline Auguste encourage à trouver une autre solution pour aider son manager sans que cela n’impacte sa propre charge de travail. Vous pouvez lui répondre : « Ce n’est pas possible pour moi en ce moment de te répondre favorablement mais je peux t’aider à trouver d’autres solutions » ou « je ne suis pas la meilleure personne pour répondre à cette sollicitation, demande peut-être à untel » ou bien « Pour quand en as-tu besoin ? D’autres personnes peuvent peut-être t’aider dans le temps imparti ? » ou « Toute seule ça me paraît compliqué à tenir, mais à plusieurs pourquoi pas ». Cette dernière option permet d’alléger la charge de travail et de trouver un compromis.

Accepter de ne pas être les autres

Votre manager vous rétorque que les autres collègues ont tous accepté cette surcharge de travail sauf vous ? Un argument classique qui peut vous faire culpabiliser. « Ne répondez pas à l’argument des autres mais revenez à vous et aux éléments factuels. Ne rentrez pas dans les émotions. Expliquez-lui que vous n’êtes pas les autres et que vous lui répondez en fonction de vos valeurs. Vous souhaitez faire un travail de qualité et cette surcharge de travail risque d’impacter négativement les autres missions que vous avez en charge. Vous pouvez lui dire que vous restez en appui pour l’équipe si besoin », conseille Amélie Favre-Guittet. Au besoin, elle suggère de vous protéger par écrit en rappelant les missions pour lesquelles vous avez été engagée.

Prendre exemple sur les autres

Avez-vous remarqué que c’est souvent aux mêmes personnes que l’on s’adresse lorsqu’il y a un service à demander ? Celles qui disent volontiers « oui ». D’autres au contraire  connaissant les clés pour refuser les demandes sans pour autant se faire griller professionnellement. La coach Charline Auguste propose d’observer comment opèrent ces personnes pour prendre modèle sur elles. L’idée est de trouver le bon dosage entre la solution pour la personne qui demande de l’aide et quelque chose qui ne vous porte pas préjudice. C’est ainsi que vous respecterez votre énergie pour tenir sur la durée et atteindre vos objectifs !

Dorothée Blancheton

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