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Comprendre les violences psychologiques pour réussir à s’en extraire

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Ariane Calvo est psychologue et psychothérapeute, spécialisée en psychotraumatisme. Faisant le constat d’un manque d’ouvrages de vulgarisation sur la violence psychologique, elle livre ici un guide pratique ultra complet pour identifier ces maux et parvenir à s’échapper d’une relation destructrice ; qu’il s’agisse d’un conjoint, d’un boss, un parent… toutes ces violences ont pour point commun de reposer sur des mécanismes comme le chantage affectif, l’emprise ou encore le harcèlement. Explications.

Pourquoi vous êtes-vous intéressée aux violences psychologiques ?

Je m’intéresse aux traumas et à la résilience depuis longtemps, j’ai fait mes recherches sur ces sujets pendant mes études de psychologie. Je me suis alors rendue compte que les traumas les plus difficiles à soigner sont des traumas complexes. Ils sont plus compliqués à identifier que les traumas simples (décès, accident, séparation…). Car il s’agit de blessures émotionnelles prolongées, répétées. Néanmoins, elles provoquent la même blessure traumatique dans le cerveau que les traumas simples. La plupart sont issues de violences psychologiques et donc sont encore plus difficiles à déceler, que cela soit dans l’enfance, dans le couple, ou au travail. Dans le cadre professionnel par exemple, on a l’impression que la hiérarchie a le droit de nous maltraiter un peu, sous couvert que cela soit « pour notre bien ». Or, tout ce qui est fait « pour notre bien », ne nous fait pas toujours du bien.

Quelle est la différence entre la violence psychologique et celle verbale ou physique ?

Pour schématiser, la violence physique sont des coups sur notre corps, la violence verbale des insultes. La violence psychologique,  quant à elle, est semblable à des coups portés à l’estime de soi. Mais j’ai constaté que dans toutes les autres formes de violence, il y a toujours de la violence psychologique associée. 

Quels sont les symptômes que la violence psychologique déclenche ?

De symptômes de dissociation, perte de mémoire, reviviscence, cauchemars. Les autres symptômes les moins évidents, sont les évitements. Le traumatisme fonctionne par mémoire associative. Ainsi, quand dans notre environnement ou à l’intérieur de nous, des conditions sont similaires à celles vécues lors d’un événement traumatique, cela va déclencher comme un signal d’alerte. Ainsi, petit à petit, on va chercher, inconsciemment, à éviter toutes les conditions qui se rapprochent de notre traumatisme. Donc progressivement, on va s’empêcher de vivre. Enfin, les répercussions de la violence psychologique sur l’estime de soi sont catastrophiques. Très vite, surtout si l’on est empathique, on absorbe la faute et on en déduit progressivement, parce que, quoi qu’on fasse, on ne parvient pas à satisfaire ou à apaiser l’autre, que l’on est une mauvaise personne. Et la honte que l’on ressent alors empêche de parler.

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Avez-vous un conseil à donner pour se protéger contre cette violence ?

C’est bien entendu le début du travail psychothérapeutique qui peut aussi se faire par le biais d’un livre ou grâce à une amie bienveillante. Il n’y a qu’une seule règle en psychologie qui soit absolue : pour changer un élément de notre vie qui ne nous convient pas, il faut d’abord l’accepter et le reconnaître. La première clé est donc que si l’on ne sait pas identifier la violence psychologique, on ne pourra jamais changer ce fonctionnement. Ni poser des limites. violences psychologiques

Vous partagez beaucoup de témoignages de victimes. Qu’est-ce qui vous a marqué dans l’ensemble des propos recueillis ? violences psychologiques

La force et le courage nécessaires pour sortir de ces spirales infernales. Car la question de l’emprise est très puissante et ce, quelle que soit la source des violences. Qu’il s’agisse d’un parent, d’un responsable, d’un frère, d’un collègue, d’un conjoint… ou même d’un enfant ! On ne réalise pas la solidité de ces liens toxiques, tant qu’on ne l’a pas vécu et on n’a pas déconstruit ce fonctionnement. Cela demande alors beaucoup de courage de commencer à croire en soi pour sortir de la dépendance de l’autre. Et cela prend un temps fou car, à la perte de confiance, s’ajoute une loyauté de la victime envers l’agresseur. C’est donc un véritable processus de connaissance de soi pour s’en sortir, se convaincre que l’on va y arriver. Il y a une temporalité à accepter. 

Retrouver une autre interview d’Ariane Calvo : Pourquoi est-il important de sortir de sa zone de confort ?

Manuel d’auto-défense contre les violences psychologiques, Editions First, Ariane Calvo 

Vanina Denizot

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