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Augmentalisme, zappite, nomophobie : ces nouvelles pathologies vous touchent ?

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Incapacité à rester inactive, peur d’être éloignée de son smartphone… Les nouvelles technologies ont révolutionné la société et créé en même temps des pathologies dont on n’est pas toujours consciente. Explications.

Augmentalisme, zappite, nomophobie… Derrière ces drôles de termes se cachent des troubles modernes comme l’envie d’être plus performant, le besoin de fuir l’ennui en cumulant les activités ou bien encore la peur d’être éloigné de son smartphone… Des phénomènes de société qui sont apparus avec les nouvelles technologies et que l’on retrouve également dans la sphère professionnelle. Anne-Caroline Paucot, écrivaine prospectiviste, avait ainsi évoqué les termes d’augmentalisme, zappite, zombiquisme et autres il y a quelques années déjà, à travers le livre participatif « La santé demain ». « Dans mon métier, le but n’est pas de dire ce que sera l’avenir car le monde est complexe mais on peut l’inventer. Et quand on nomme les choses, elles commencent à exister », explique l’auteure. 

Des pathologies liées aux outils numériques

Le zombiquisme réfère ainsi aux individus présents physiquement mais absents mentalement. La zappite renvoie au besoin d’être sans cesse sollicité, de passer d’une activité à l’autre. « On reçoit en permanence un petit flux d’adrénaline. Ce n’est pas inintéressant mais on a besoin d’espace libre, où l’on ne fait rien, pour développer notre imaginaire », analyse Anne-Caroline Paucot. Autre pathologie relevée : l’augmentalisme. Cette envie d’être plus intelligent, rapide, fort, d’avoir la sensation de ne pas être assez « augmenté ». Ou bien encore la nomophobie, cette crainte de perdre son téléphone devenu une extension de soi-même. Elle peut alors générer une vraie anxiété.

Mais selon l’écrivaine prospectiviste, la nomophobie pourrait bientôt disparaître avec les recherches en cours sur les implants et tatouages connectés. Parmi les futures pathologies qu’elle imagine, il y a celle d’une déformation du langage. « Avec les assistants conversationnels, on s’adapte à des langages simples. On passe du « ok Google » à « ok papa ». Les jeunes sont très vifs d’esprit, matures et ont une intelligence remarquable mais au moment de la mise en œuvre ça pêche car leur bulle imaginaire est trop réduite. Quand j’assiste à des pitchs de start-up et entreprises, j’ai l’impression de toujours entendre les mêmes propositions à partir de 3-4 données numériques », regrette Anne-Caroline Paucot. Elle pointe également du doigt l’intelligence artificielle qui décide à notre place des musiques à écouter, des films à visionner, du choix de notre partenaire… et qui profile, selon elle, une incapacité à décider par soi-même.

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Altérations relationnelles, trouble de la mémoire… 

Des phénomènes qui se constatent dans la sphère professionnelle. « Il y a un biais d’utilisation des nouvelles technologies au niveau relationnel. En open space, par exemple, de peur de déranger les autres ou d’être dérangé, on échange par messagerie interne ou texto. Ça nuit aux relations interpersonnelles, d’autant plus s’il n’y a pas de salle de pause, de réunion ou d’espaces de discussions. Il y a une altération du lien à autrui qui devient très superficiel », souligne Vanessa Boissard, psychologue sociale chez AlterAlliance, cabinet d’experts en prévention des risques psychosociaux et développement de la qualité de vie au travail.

Il peut également y avoir une addiction à ces outils numériques. De peur de louper une notification, un mail important, une information, on se connecte en continu à son ordinateur, son smartphone… Pour la psychologue, il faut conscientiser ce problème d’addiction. « Souvent les personnes ne réalisent pas que ça les rend anxieuses. On peut les aider à en prendre conscience en leur disant qu’on a l’impression qu’ils sont inquiets de ne pas répondre à leurs mails », propose la spécialiste.
Enfin, elle remarque que des troubles cognitifs de la mémoire se font également ressentir avec ces utilisations accrues des technologies. Tout va plus vite. On fait plusieurs choses en même temps. On diminue les temps de repos et le cerveau intègre alors moins facilement les données de la journée. Et à quoi bon retenir des informations supplémentaires puisqu’il suffira de se connecter à son moteur de recherche pour avoir la réponse…

Le rôle de l’entreprise

Les outils numériques présentent de nombreux avantages, et il ne s’agit pas de les bannir pour résoudre les problèmes. Mais les entreprises doivent accompagner leurs équipes dans leur utilisation pour en tirer le meilleur tout en limitant ces dérives. « Les entreprises ont l’obligation de négocier avec les partenaires sociaux sur les usages du numérique. Ça peut passer par l’élaboration d’une charte, des espaces de discussion pour trouver des solutions sur une thématique. Il est important de sensibiliser les personnes aux enjeux pour les responsabiliser. On est tous responsables de la santé au travail », déclare ainsi Valérie Schégin, juriste et co-fondatrice d’AlterAlliance.

L’idéal est ainsi d’associer les salariés pour co-construire cette charte de bonne utilisation et d’en assurer le relai grâce aux instances représentatives du personnel (IRP), aux partenaires sociaux et aux équipes managériales. Ainsi, chacun peut, par exemple, veiller à ne pas envoyer de mail professionnel le soir et différer l’envoi au lendemain matin. On peut également se déplacer au bureau du collègue pour lui parler plutôt que lui écrire un sms. L’exemplarité des managers et la sensibilisation aux messages de prévention est primordiale. « Il faut accompagner individuellement et collectivement les équipes du haut vers le bas en incluant les employés dans les discussions pour trouver des solutions », conclut Valérie Schégin. Ainsi, l’entreprise devrait pouvoir tenir son cap pour tirer profit des outils numériques tout en conservant sa dimension humaine.

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