Manager en 2026 : une fonction en perte d’attractivité… et en quête de sens

Manager en 2026

Longtemps perçue comme une étape naturelle et valorisante dans un parcours professionnel, la fonction de manager fait aujourd’hui moins rêver. Les chiffres sont sans appel : selon une enquête Ipsos, seuls 52 % des jeunes actifs envisagent désormais d’accéder à un poste managérial. Une désaffection qui ne se limite pas aux débuts de carrière. La dernière étude de l’APEC révèle une tendance de fond : l’attractivité du management recule aussi chez les cadres expérimentés.

Entre 2022 et 2025, la proportion de cadres non-managers souhaitant prendre des responsabilités hiérarchiques est passée de 42 % à 34 %, soit une baisse significative de 8 points. Un signal fort qui interroge les entreprises, à l’aube de profondes transformations organisationnelles et humaines.

Le manager en 2026, entre pression et solitude

Pourquoi un tel désengagement ? Pour y répondre, le cabinet Michael Page a mené une étude intitulée « Être manager en 2026 », interrogeant directement les principaux concernés : les managers eux-mêmes. Le constat est clair : 1 manager sur 2 estime ne pas être suffisamment accompagné dans l’exercice de ses responsabilités.

Mini Guide Leader

Les difficultés évoquées touchent au cœur du rôle managérial :

  • Gérer les conflits au sein de l’équipe (53 %)

  • Accompagner un collaborateur en difficulté personnelle (51 %)

  • Soutenir un collaborateur en difficulté professionnelle (45 %)

  • Favoriser le dialogue et les temps d’échange (44 %)

Autrement dit, ce sont moins les compétences techniques qui posent un problème que la dimension humaine du management, devenue centrale… mais insuffisamment soutenue.

Un rôle qui s’élargit, sans moyens proportionnels

Le manager d’aujourd’hui, et plus encore celui de demain, n’est plus seulement un relais opérationnel. Il est à la fois chef d’orchestre, médiateur, coach, parfois confident, tout en restant garant de la performance. Une équation complexe, qui s’est accentuée avec le télétravail, les nouvelles attentes des collaborateurs et la quête de sens au travail.

Comme le souligne Anne-Laure Cordier, Practice Manager chez Michael Page :

« Le manager n’est pas un opérationnel comme les autres. Il fait face à une pression accrue, devant concilier des objectifs de performance élevés avec des attentes renforcées en matière d’agilité, d’engagement et de soutien aux équipes. »

Face à cet élargissement des responsabilités, beaucoup ont le sentiment de ne pas disposer du temps, des outils ni du soutien nécessaires pour remplir pleinement leur rôle.

Ce que les managers attendent vraiment

Au-delà du diagnostic, l’étude met en lumière des attentes très concrètes exprimées par les managers. En priorité, ils demandent :

  • Davantage de temps à consacrer aux enjeux managériaux (45 %)

  • Des moyens financiers supplémentaires pour reconnaître et valoriser la performance (43 %)

  • Un accompagnement RH renforcé, mieux connecté aux réalités du terrain (38 %)

Ces demandes traduisent un besoin de reconnaissance du rôle managérial en tant que fonction à part entière, et non comme une simple extension des missions opérationnelles.

Un enjeu stratégique pour les entreprises… et pour les femmes

Pour les entreprises, le défi est majeur. Sans managers engagés, formés et soutenus, difficile de maintenir la cohésion des équipes, l’engagement des talents et la performance durable. La question du management devient donc un enjeu stratégique, bien au-delà d’un simple sujet RH.

Pour les femmes, et particulièrement au sein de réseaux comme Business O Féminin, cette réflexion est essentielle. Si le management perd en attractivité, il est d’autant plus crucial de repenser les modèles de leadership, de valoriser des approches plus humaines, collaboratives et inclusives – souvent portées par des femmes – et de créer des environnements où manager ne rime plus avec épuisement ou isolement.

Repenser le management de demain

À l’horizon 2026, une chose est certaine : le management ne pourra plus s’exercer comme avant. Il devra être mieux accompagné, mieux reconnu et mieux outillé, pour redevenir une source d’épanouissement professionnel autant qu’un levier de performance collective.

Redonner envie de manager, c’est aussi redonner du sens au travail, recréer de la confiance et investir dans l’humain. Un chantier incontournable pour construire des organisations plus durables… et plus désirables.

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