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8 clés pour définir des stratégies innovantes

stratégies innovantes

Innover permet de rester dans la course face à ses concurrents, d’aller toujours de l’avant. Et n’allez pas croire que l’innovation passe toujours par la case « technologie », on peut innover de biens des façons. Voici 8 pistes pour vous aider à définir des stratégies innovantes.

Entrepreneur solo, start-up, grands groupes… chaque entreprise doit faire preuve d’innovation pour renouveler son activité, lancer des offres disruptives, modifier sa façon d’opérer, se transformer d’un point de vue digital, social, environnemental… « L’innovation c’est une nouvelle idée, un nouveau concept ou technologie qui rencontre son marché et répond à un besoin, contrairement à une activité de recherche qui ne va pas forcément jusqu’au marché », explique Nicolas Mottis, professeur de management de l’innovation et de l’entrepreneuriat à l’École Polytechnique et co-auteur de « La jungle de l’innovation » aux éditions Dunod. Les entreprises ont bien compris cet enjeu nécessaire pour conquérir des clients et les garder. Dans son ouvrage, Nicolas Mottis note qu’à dollar constant (2009), les investissements en R&D aux États-Unis sont passés de 25 milliards de dollars en 1953 à plus de 450 milliards en 2016*. Pourtant ce n’est pas tant le montant consacré à la R&D qui garantit la performance.

« L’innovation n’est pas réservée à des structures qui ont des moyens importants et des services R&D car il y a différents styles d’innovations. Certaines sont basées sur la technologie, d’autres formes d’organisation au sein de l’entreprise, d’autres formes de relations dans sa chaîne de valeur, sa façon d’interagir avec des fournisseurs, des clients… On peut innover sans avoir de gros service R&D », assure le professeur de management de l’innovation et de l’entrepreneuriat. Selon lui, il y a trois axes principaux nécessaires pour innover.

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  • La formation :

Quand on veut développer des stratégies innovantes, il est nécessaire de former les gens, de leur expliquer ce qu’est l’innovation, de leur donner les techniques pour comprendre les besoins des utilisateurs, comment ils vont appréhender ou pas un nouveau produit… Beaucoup d’entreprises s’appuient sur des cabinets de conseils ou des chercheurs mais il est possible de commencer par former ses équipes en leur faisant lire des travaux de recherche, des livres… Ça génère en interne les moyens de faire plein de choses.

  • L’ouverture et la curiosité :

« Souvent quand on parle d’innovation, les gens pensent qu’on va réinventer quelque chose, qu’on va partir d’un besoin et trouver une nouvelle solution alors que dans beaucoup de cas, il suffit d’aller voir ce que font les autres, d’être ouvert à des propositions de partenaires, fournisseurs, clients… », explique Nicolas Mottis. Le fait qu’un client se déplace ou au contraire ne vienne plus acheter votre produit est une source d’inspiration pour changer ses principes, par exemple. La curiosité permet de faire les choses autrement. Le spécialiste conseille d’avoir une optique multi secteurs, d’aller voir dans d’autres domaines que le sien. « On n’y pense pas car ce sont des secteurs que l’on connaît moins. Pourtant les problèmes et les solutions sont assez transposables. Ça vaut le coup de faire un effort pour les repérer et voir si ça peut marcher. Ça élargit la base d’exemples », ajoute-t-il.

  • Les ressources :

Développer des stratégies innovantes demande d’y consacrer des ressources, c’est-à- dire du temps et souvent de l’argent. Cette activité ne doit pas s’ajouter à ce que chacun doit déjà faire comme tâche. Il s’agit de libérer du temps aux équipes pour creuser les idées. « Souvent les salariés en ont plein mais n’ont jamais le temps de les développer, manquent de soutien de la part de leur encadrement pour le faire », constate Nicolas Mottis.

Selon Pascal Jarry, fondateur de SolidCreativity, agence de formation et conseil en techniques d’innovation et méthodes de créativité, il est inutile de changer des choses très importantes dans l’entreprise pour avoir un résultat chaotique. Lui aussi remarque qu’innovation ne rime pas forcément avec technologie et invite à se défaire de certaines habitudes visant à innover, à commencer par le brainstorming. « Le brainstorming ne marche pas car on réfléchit à la cause de notre problème, comment le résoudre. Notre approche est d’avoir une méthode de créativité différente qui s’appelle ASIT. Ça permet d’avoir quelque chose d’un tout petit peu différent d’un point de vue physique mais avec un gros impact innovant », déclare Pascal Jarry. Il ne s’agit pas de faire mieux mais de faire différemment et que ce soit marquant.

Pour cela, il faut partir de son produit, service ou business model existant et tester un maximum de solutions possibles à partir de 5 mécanismes qui permettent d’innover de façon quasi systématique.

Enlever :

On a souvent tendance à croire qu’il faut ajouter des technologies, des fonctionnalités, des services pour innover alors que le mécanisme d’innovation le plus utilisé consiste à enlever. EasyJet par exemple propose moins de choses qu’Air France. « Un produit qui fait moins de fonctions sera moins cher ou fera les choses de façon plus claire et plus durable, donnera plus envie d’acheter. EasyJet c’est beaucoup mieux qu’Air France au niveau du tarif et beaucoup moins bien au niveau du service. Ce déséquilibre fait un produit vendable et différenciant », confie le fondateur de SolidCreativity.

Faire avec ce qu’on a déjà

C’est le deuxième mécanisme d’innovation le plus fréquent. Il s’agit de faire quelque chose de différent à partir de ce qu’on a déjà, de lui donner une autre fonction : des barres de toit de voiture longitudinales qui se démontent pour se mettre à la perpendiculaire afin de porter des objets, la possibilité de payer avec son téléphone…

Faire quelque chose à un autre moment

Il est possible d’innover en proposant de différer un élément comme le paiement du produit un mois plus tard par exemple. Le produit en lui-même ne change pas mais l’expérience client oui.

Ajouter quelque chose qui existe déjà

« C’est un service ou produit un tout petit peu différent de ce que l’on fait habituellement mais que l’on sait fabriquer ou gérer et qui apporte quelque chose de supérieur à l’utilisateur », explique Pascal Jarry. Le scooter à trois roues, par exemple, a juste une roue d’ajoutée alors qu’il en avait déjà deux. Ça peut être aussi un smartphone avec d’autres caméras un peu différentes. Côté services, on peut penser à la SNCF qui propose aussi sur son site la location de voiture…

Casser la symétrie

La nature humaine aime les choses symétriques. En cassant celle-ci, on vient surprendre le client. Pour qu’il adhère à cette innovation, celle-ci doit toutefois lui paraître pertinente. « Avec le happy hour par exemple, les tarifs ne sont pas les mêmes en fonction de certains critères. Quand ça semble cohérent au client, il va venir spécialement pour avoir les verres moins chers », confirme Pascal Jarry.

Bien des innovations se soldent par un échec. Mais lorsque l’une d’elles trouve son public, les efforts sont récompensés, de manière parfois extrêmement rentable.

*Federal Reserve Bank of St Louis, 2017

Dorothée Blancheton

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