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Tout vouloir, est-ce encore possible ?

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Oser rêver aussi fort que les hommes, obtenir ce que l’on veut, les femmes ne se l’autorisent pas toujours. D’ailleurs, est-il vraiment possible de tout vouloir, de tout avoir ? Ne risque-t-on pas de s’éparpiller, de se surmener ? Analyse avec Gene Ricaud-François*, psychologue clinicienne à Paris, et Sarah Zitouni**, stratège dans une entreprise de moteur thermique en Suède et coach carrière pour les femmes.

Carrière, couple, famille, argent, vie sociale… Autant de domaines dans lesquels on a souvent envie d’être active et de réussir. Et si la brillante carrière professionnelle a longtemps été réservée aux hommes, les femmes s’y distinguent de plus en plus. Mais à vouloir tout avoir, à vouloir exceller dans tous les domaines, ne risque-t-on pas de se brûler les ailes ? Tout vouloir, est-ce vraiment possible ? « Les femmes ont beaucoup à rattraper, à prouver. Elles ont envie de prendre leur place de façon plus visible. Quand on a été privée de certaines choses, c’est normal de vouloir en profiter », souligne pour sa part Gene Ricaud-François*, psychologue clinicienne à Paris et auteure de « Se sacrifier, à quoi ça sert ? », aux éditions de l’Archipel. 

Éviter le surmenage

Mais malgré les avancées sociales, la spécialiste reconnaît que certains pans restent encore largement assumés par les femmes comme la gestion du foyer, la prise de rendez-vous médicaux, les tâches ménagères, l’organisation des vacances… Vouloir tout avoir, c’est aussi risquer de s’exposer à du surmenage, au burn-out. Sarah Zitouni**, ingénieure en mécanique devenue stratège dans une entreprise de moteur thermique en Suède, coach carrière pour les femmes et auteure de « Tout vouloir, tout avoir » aux éditions Kiwi, a elle-même connu le burn-out au bout d’un an de vie professionnelle.  « Le burn-out vient très souvent d’un besoin de reconnaissance. Il fait suite à une grosse charge de travail et au fait de ne pas être reconnue dans sa souffrance. Si le curseur de valeur n’est pas bien placé en soi, on recherche cette attention à l’extérieur, on est dépendante du regard des autres », explique-t-elle. Un risque qui s’accroît si l’on veut être performante dans tous les domaines.

« Tout vouloir » ce n’est pas « vouloir tout »

Alors tout vouloir, est-ce vraiment raisonnable… et réalisable ? Dans son ouvrage, Sarah Zitouni distingue « tout vouloir » de « vouloir tout ». Il ne s’agit pas selon elle de vouloir tout ce qui existe sur terre. Chacune est différente et a ses propres aspirations. Pour autant, la coach estime qu’on ne doit pas se limiter dans ses désirs ni se brimer. Les hommes, eux, ne le font pas. Il s’agit donc dans un premier temps de libérer ses rêves, et dans un second temps de ne pas se limiter soi-même, de s’affranchir de ses freins psychologiques. « Dans les années 80, quand on vantait l’image d’une femme toute puissante, on ne disait pas aux femmes qu’elles pouvaient être ce qu’elles voulaient mais qu’elles pouvaient endosser à la fois leur rôle de femme et celui des hommes. Ce n’est pas ce que je défends. L’idée c’est d’avoir ce que l’on veut vraiment », précise la coach. On s’évitera au passage une suractivité, une baisse d’énergie et une perte de temps. En voulant tout, on répond davantage à des pressions externes, des diktats véhiculés par la société.

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Faire le bilan et dépasser ses blocages

Pour savoir ce que l’on veut vraiment et l’obtenir, il faut d’abord prendre le temps de se poser, de se laisser aller à la rêverie. « Il est important de s’asseoir, de voir sur quoi on veut mettre l’accent, quelles sont nos vraies priorités par rapport à nos valeurs. Ça permet d’être moins frustrée. On envisage sa réussite avec une vision plus longue dans le temps : si l’on veut une famille nombreuse tout en étant cheffe d’entreprise alors que l’on n’est peu entourée et aidée, on anticipe ce que ça peut impliquer comme conséquences », suggère Gene Ricaud-François.


La coach Sarah Zitouni conseille de noter pendant une à trois semaines les choses qui nous réjouissent et celles qui nous déplaisent. Cela dessinera déjà des lignes directrices. Ensuite, on se débarrasse du syndrome de l’imposteur, ce saboteur interne qui nous empêche de nous lancer, d’avoir ce que l’on souhaite. Elle propose de le nommer pour le distancier. En parallèle, on réfléchit à la manière dont on se parle et on se demande si l’on s’adresserait comme ça à un ami. On bannit les phrases du style : « j’ai eu de la chance » ou « ce n’était pas si dur que ça ». « La relation à soi-même est la plus importante de notre vie. On est beaucoup tournée vers l’extérieur mais c’est important d’être juste envers soi-même », glisse Sarah Zitouni.

Savourer ses réussites

On liste ses accomplissements : c’est un très bon bouclier contre le syndrome de l’imposteur. A chaque victoire, on se félicite. On peut s’offrir un moment agréable, un cadeau mémorable. Et plutôt que de se tuer au travail dans l’ombre, on apprend à promouvoir son travail auprès des autres. Autre astuce de la coach : l’entraide. On soutient les bonnes idées de ses collègues féminines et on rappelle qu’elles en sont à l’origine. Il y a fort à parier qu’elles vous rendront la pareille !

Une société en pleine évolution

Tout vouloir, ce n’est pas courir après tout en même temps. D’ailleurs, selon les périodes de la vie, les désirs varient. Mais très souvent encore la réalité de la société impacte les souhaits de chacune. La carrière professionnelle des femmes, par exemple, est souvent pénalisée par leur envie de maternité ce qui les incite à décaler parfois ce projet. D’après la deuxième édition du baromètre « Le regard des Françaises et des Français sur l’égalité entre les femmes et les hommes », réalisé par Kantar pour la Fondation des Femmes en février 2020, 72% des personnes interrogées estiment qu’avoir des enfants est un frein à la carrière des femmes. « Le modèle économique et culturel reste masculin mais doit changer. Je le vois à mon cabinet, beaucoup de jeunes femmes ne veulent pas subir cette pression. C’est normal d’avoir des ruptures de carrière, de ne pas être toute-puissante. Une femme qui décide d’avoir un enfant devrait pouvoir délaisser son travail quelques temps sans en être frustrée. De la même manière, on est encore performante au travail à 50-60 ans. Notre vision des choses au niveau des genres et de l’âge doit changer », analyse Gene Ricaud-François. Un combat toujours d’actualité.

*Son site : http://ricaudpsychologue.com/

**Créatrice de « PowHer ta carrière » : https://www.powhertacarriere.com/

 

Dorothée Blancheton

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