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Soft Kids: l’appli qui développe les “soft skills” des enfants

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Solenne Bocquillon Le Goaziou est la fondatrice de Soft Kids, une application qui valorise l’intelligence émotionnelle des enfants, une aptitude clé pour les préparer au monde de demain. Rencontre.

Comment est née l’application Soft Kids ? 

L’application est née de plusieurs constats :

  • Tout d’abord, 65% des écoliers d’aujourd’hui exerceront des métiers qui n’existent pas encore (sources WEF).
  • Ensuite, 66% des français pensent que l’éducation nationale ne peut former au monde de demain (source Odexa).
  • Enfin, dans un monde en profonde mutation dans lequel le digital, les robots et l’intelligence artificielle sont de plus en plus présents, les soft skills deviennent indispensables pour contrebalancer une tendance au « tout numérique ». Et ces soft skills se cultivent dès le plus jeune âge.

Fort de ces constats et évoluant depuis plusieurs années dans l’univers des startups (le club Génération Startuppeuses de Viviane de Beaufort, les Digital Ladies and Allies dont je suis secrétaire et le programme de mentoring des startups up de Shell France que j’ai co-créé), j’ai eu envie de voler de mes propres ailes.

Mini Guide Entrepreneuriat

Notre ambition est d’être la bibliothèque digitale des soft skills pour les enfants mais qui propose également un accompagnent des parents. J’ai fait le choix de le faire sous format digital car cela permet de toucher un plus grand nombre d’enfants, en comparaison de l’organisation d’ateliers.

En tant qu’ancienne DRH adjointe d’un grand groupe comme Shell, vous avez pu expérimenter l’importance des soft skills, en quoi sont-elles encore plus déterminantes aujourd’hui en pleine crise ? 

En 2017, dans mon ancien poste, j’étais en charge de la stratégie RH. On m’a demandé de travailler sur les métiers et les compétences du futur afin de voir de quels types de profils nous aurions besoin dans le cadre de nos recrutements. Considérant l’importance croissante de l’intelligence artificielle et de la robotisation dans la plupart des fonctions, j’ai aussi découvert qu’en parallèle de l’automatisation des tâches notamment, nous aurions aussi besoin de profils démontrant une forte créativité, une capacité d’analyse très développée mais aussi des aptitudes démontrées pour résoudre les problèmes. Bref des soft skills !

C’est là aussi que j’ai appris que 85% des métiers de 2030 n’existent pas encore. Dans les années 1980, les hard skills, c’est à dire les diplômes et les certifications qu’on peut obtenir grâce au système éducatif, étaient valables 30 ans. Cette durée est passé à 3/5 ans selon l’OCDE.

Nous l’avons vu avec la crise que nous traversons, tout le monde a dû s’adapter, être résilient et être en capacité de développer la plupart de ces compétences comportementales.

Soft Kids

Qu’est-ce que les soft skills ? Pourquoi les enfants doivent-ils être un public prioritaire dans le développement de leurs soft skills ? 

Il existe différentes définitions des soft skills. On parle de compétences douces, de compétences comportementales, de compétences sociales et même de compétences du 21ème siècle. Le World Economic Forum a dressé une liste d’une dizaine de compétences indispensables comme l’esprit critique, la gestion du temps, la collaboration ou la résolution de problèmes. Aujourd’hui dans un recrutement, c’est ce qui fait la différence.

Aux Etats-Unis et en Asie, et plus particulièrement en Inde où ces compétences sont particulièrement prises en compte, on parle du développement des softs skills pour les enfants depuis plusieurs années. Afin de maximiser à long terme les résultats attendus du développement de ces «soft skills», les efforts devraient être particulièrement entrepris auprès des jeunes enfants, en particulier entre 1 et 9 ans. Les lauréats du prix Nobel Heckman et Kautz (2012) en ont fourni la démonstration dans leur analyse du programme Perry Preschool Soft Skills, dans lequel ils ont découvert comment les traits de la personnalité peuvent être modifiés de manière à produire des résultats bénéfiques pour la vie.

Comment se situe la France dans le développement des softs skills ?

En France, on commence à vraiment parler de Soft Skills depuis 3 ans mais uniquement pour les adultes. Les recruteurs font la chasse aux soft skills et les collaborateurs essayent de se former et de développer leurs soft skills. S’agissant des enfants, on développe certaines soft skills dans certaines matières mais celles-ci ne sont pas mises en avant en tant que telles. Il n’y a pas de réelle prise de conscience de leur importance à cet âge. On attend par exemple le baccalauréat pour instaurer un grand oral alors que nos enfants devraient faire des exposés dès la primaire pour savoir parler en public. On ne valorise pas non plus assez le travail en équipe alors que c’est en collaborant et en incluant de la diversité que l’on obtient les meilleurs résultats.

Par conséquent, je dirais qu’on est très en retard sur ces sujets, le système éducatif français reposant principalement sur le mérite individuel et le diplôme.

L’un de vos premiers programmes est la confiance en soi, pourquoi commencer par-là ? 

Nous avons prévu 18 programmes qui portent notamment sur la politesse, le développement de l’esprit critique, la collaboration ou l’inclusion. Ce sont des programmes pour préparer les enfants au monde d’aujourd’hui et de demain et leur faire comprendre la façon dont ils peuvent adapter leurs comportements pour appréhender de la meilleure façon les évolutions à venir.

J’ai décidé de commencer par la confiance en soi parce que c’est une des principales préoccupations des parents à l’heure actuelle et parce que les statistiques sur le sujet sont inquiétantes. Des recherches indiquent que le pic de la confiance en soi est atteint autour de 60 ans alors que la confiance en soi se développe entre 4 et 12 ans. La confiance en soi est aussi le socle pour cultiver les autres soft skills.

Soft Kids

Comment s’organise le cheminement de l’utilisateur ? 

L’enjeu était d’intéresser les enfants de manière ludique à des sujets qu’ils n’ont pas l’habitude d’aborder, ce qui nous a d’ailleurs conduit à utiliser une terminologie adaptée. Par exemple, le programme sur la confiance en soi s’intitule « bien dans ses baskets ». Notre parti pris est que le parent intervienne dans le jeu et qu’il ait un temps qualitatif et d’échange avec l’enfant.

Nous avons également introduit un système de récompenses. Le premier type de récompense est du temps en famille pour faire une activité choisie en commun. Le second consiste dans des petits jeux introduits dans nos programmes. L’arbre qui figure dans notre logo grandit également au fur et à mesure que des gouttes d’eau sont gagnées par l’enfant. A terme nous souhaitons d’ailleurs qu’un véritable arbre soit planté et que l’enfant reçoive un certificat l’attestant.

Vous avez lancé en avril et avez déjà plus de 600 téléchargements, quels sont les retours d’expérience des utilisateurs ? 

On connaît bien ses enfants de manière générale mais on n’a pas forcément assez de temps à leur consacrer pour échanger avec eux au-delà du « as-tu passé une bonne journée ?». J’ai reçu beaucoup de messages de parents disant qu’ils ont découvert des aspects de la personnalité de leurs enfants qu’ils ne connaissaient pas. Une maman m’a dit : «On a pu parler d’elle avec ma fille, c’était un merveilleux cadeau pour moi ». Un autre parent qui trouvait son fils très organisé, a réalisé que lui-même ne se considérait pas comme tel. L’application permet aux parents d’adapter leur comportement pour booster la confiance en soi de leurs enfants en découvrant leurs « super pouvoirs »

Vous êtes en pleine campagne ulule, à quoi va servir ce financement ? 

Ce financement va nous permettre de développer de nouveaux programmes. Après le programme sur la confiance en soi que nous avons développé avec les conseils d’un pédopsychiatre, nous en préparons un autre sur le développement de l’esprit critique avec la startup Carabane qui fait de la philosophie pour les enfants. Les suivants porteront sur le savoir-être et la politesse, l’inclusion, la diversité et la détermination. Ces programmes sortiront avant la fin de l’année.

Vous pouvez soutenir notre campagne Ulule, avec des contreparties telles que tester des futurs programmes ou nous aider à développer de nouveaux jeux avec vos enfants.

Vous visez l’international ? 

Après avoir travaillé dans une grande entreprise internationale, je ne me voyais pas nous limiter à la France. L’appli existe déjà en anglais et est téléchargeable dans tous les pays. La version espagnole arrivera bientôt. Nous sommes en train de développer la communication et le marketing pour les pays anglo-saxons et espérons vite conquérir le monde !

Propos recueillis par Véronique Forge Karibian

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