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Laetitia Girard, fondatrice de Vendôm: le capital humain facteur clé de succès dans le luxe

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Laetitia Girard a fait siennes les valeurs du luxe et mise sur le capital humain pour faire rayonner les marques. Portrait d'une dénicheuse de talents.

Toujours plus loin, plus haut

« Va, vis et deviens », tel pourrait être le mantra de Laetitia Girard qui débute sa vie de globe-trotteuse à 18 ans ne sachant pas encore ce qu’elle voulait faire de sa vie : « j’ai cheminé en réfléchissant à ce que je voulais faire. » Ce cheminement la mène tout d’abord à Londres pour apprendre l’anglais. Laetitia y devient « sandwich maker » puis intègre le Union Jack club, un club  huppé de la capitale britannique, réservé aux forces armées de « Sa majesté la Reine ». Une expérience unique qui lui apprend le protocole, les règles de bienséance et l’exigence. Autant de  valeurs qui seront le fil conducteur de sa vie d’entrepreneuse plus tard.

Mais avant, la jeune femme a besoin de se frotter au monde, de barouder et décide de partir au Canada : « Je voulais plus grand, je pense que c’était un peu une façon d’apprendre à me connaitre » et d’aller au bout de ses ambitions, un précepte que son père lui transmet toute petite :

« j’ai grandi dans le sud de la France, près d’Aix en Provence avec un père très exigeant qui plaçait le travail comme une valeur suprême. Il m’a appris à ne jamais abandonner, à aller au bout de mes passions. »

Mini Guide Leader

Sa passion, c’est justement le beau, le luxe, l’exigence du travail bien fait et l’humain… C’est donc presque naturellement qu’elle rentre à Paris et intègre l’équipe du Parc Hyatt Vendôme qui vient d’ouvrir en 2002 tout en devenant maman de un puis deux enfants… Elle n’a que 24 ans.

Déconstruire pour reconstruire

Après une pause de quelques années pour prendre le temps d’élever ses deux puis trois enfants, elle décide de repartir à la « conquête » mais se heurte aux « clichés de la mère de famille » :

« Quand tu as des enfants et que tu veux revenir sur le marché du travail, on a l’impression que tu t’es abêtie ! On me proposait des postes qui me faisaient régresser. »

Elle entame alors un Master en Hospitality Management à l’ESCP et s’expatrie au Luxembourg où on lui propose un poste en « hébergement » dans un « Leading Hôtel ». « J’ai eu beaucoup de chance de rencontrer mon patron qui a tout de suite compris que j’avais soif d’apprendre. Je suis très vite passée sur un poste de directrice de ventes et marketing où je n’avais aucune compétence mais j’apprenais vite et au bout d’un an et demi on m’a proposé la direction des opérations. » Un vrai challenge car elle doit gérer une centaine de personnes et s’occuper de la restauration alors déficitaire.

Un rêve de petite fille qui devient réalité

Pourtant, Laetitia rêve d’ailleurs et notamment de monter son entreprise, un souhait qu’elle avait exprimé très jeune à son père: « il avait rigolé et m’avait envoyé faire un stage chez un entrepreneur pour que je me rende compte de ce que cela voulait dire. »

Après ces années de pérégrinations, c’est en 2015 qu’elle se lance dans l’aventure entrepreneuriale en créant Vendôm, une agence de recrutement spécialisée dans les métiers du luxe désormais mondiale avec une présence en France, au Benelux, en Espagne, au Portugal, en Grande Bretagne et dans l’océan indien.

Au cœur de sa démarche ? L’humain et la conviction que l’on ne peut pas mélanger l’offre de recrutement entre la restauration fast-food et des grands noms de l’hôtellerie de luxe. « Ce sont des univers totalement  différents qui n’ont pas les mêmes valeurs. J’avais donc envie que Vendôm soit vraiment spécialisée et exclusivement dédiée aux métiers du luxe. » Car elle en est convaincue, l’avenir appartient à ceux qui se spécialisent.

La pandémie a évidemment été une épreuve car le recrutement dans l’industrie a baissé mais Vendôm a su entretenir le lien avec ses clients en développant des formations sur mesure autour de l’expérience relationnelle, la relation client mais aussi avec ses conférences du Luxe lancées l’année dernière et qui ont fait carton plein avec plus de 1000 participants et pas moins de 70 nationalités représentées ! « Ces conférences sont nées d’un agacement car après le premier confinement, on ne parlait que de pertes financières mais pas de capital humain et de la manière dont les leaders ont pu le  préserver. C’est pourquoi nous avons décidé de réunir des leaders du secteurs comme les CEOs d’Audemars Piguet, de Zenith, de la Dorchester Collection, de Clarins et des Leaders du monde académique comme  l’école de Glion. « La prochaine conférence aura lieu en Octobre 2021 avec beaucoup de grands noms du secteur. »

Laetitia trace son chemin dans ce monde du luxe même si elle trouve le terme galvaudé et préfère parler de « savoir-faire » et de « patrimoine que l’on transmet ». « Le luxe post-crise est un retour à ces valeurs, à ces histoires de marques, de grandes Maisons » affirme t-elle.

En six ans, elle aussi a su construire son histoire, mélange de passion, de travail et de curiosité permanente comme un hommage à l’un de ses « Role Models » , Steve Jobs, qui déclarait en guise de leçon du succès : « Stay focused, Stay hungry. » Une phrase qu’elle a indéniablement su faire sienne.

Véronique Forge-Karibian

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