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Fanny Picard, fondatrice d’Alter Equity et pionnière de l’investissement à impact

Fanny Picard
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2,4 millions de tonnes de CO2, soit 0,5 % des émissions annuelles en France, c’est ce qu’ont réussi à économiser les startups financées par Fanny Picard à travers son fonds d’investissement Alter Equity, pionnier dans l’impact investment depuis 2007. Celle qui a prouvé que l’on pouvait être rentable et responsable revient sur une carrière qui force le respect.

« J’ai été rapidement confrontée à la mort, ce qui a modifié mon rapport au temps »

A l’origine, sa carrière était toute tracée. Fanny Picard, jeune diplômée de l’ESSEC, commence chez Rothschild avant d’être recrutée par Emmanuel Fabert pour travailler aux fusions acquisitions chez Danone, puis de rejoindre Wendel comme Directrice des opérations financières. « Je m’y suis sentie en décalage avec certaines pratiques de cette époque », nous confie-t-elle. Une prise de conscience précoce par rapport à la société qu’elle pense héritée du sens politique familial, ainsi également que sa confrontation à la mort dès son plus jeune âge. « Quand un proche disparaît, on perd l’insouciance vis-à-vis du temps. Je crois que mon engagement est un combinaison des valeurs et des expériences que j’ai reçues en héritage en même temps que d’une conscience vibrante de la fragilité de la vie. J’ai longtemps souhaité m’engager en politique, mais je voulais être  libre de défendre les idées auxquelles je croyais sans avoir besoin d’être réélue, c’est pourquoi j’ai choisi un métier rémunérateur à l’origine. Ensuite, j’ai compris que j’étais bien trop sensible pour le champs politique », analyse-t-elle. 

Il y a 14 ans, Fanny Picard fait le grand saut et quitte son job pour fonder Alter Equity, le premier fond à impact de France. “À l’époque, il existait des fonds qui s’intéressaient aux enjeux sociaux, et d’autres à la clean tech, mais en 2007, personne n’avait encore fait le lien entre les deux”, se rappelle-t-elle. Avec Alter Equity, il s’agit donc de financer les entreprises dans les domaines de l’éducation, la culture, la santé, l’intégration sociale et l’emploi pour une transition vers une société plus durable, plus inclusive et plus responsable. L’autre pilier, c’est la lutte contre le dérèglement climatique, l’épuisement des ressources et de la biodiversité, ou encore la qualité des sols, de l’air et l’accès à l’eau.  Pour Fanny Picard, qui se décrit comme une humaniste, tous ces enjeux n’en forment qu’un seul : la poursuite de l’intérêt général, plus que jamais d’actualité. “Nous avons atteint un niveau de souffrance sociale préoccupant dans les pays développés, y compris en ce qu’il conduit à soutenir des dirigeants populistes”, s’inquiète-t-elle.

“Personne ne croyait à l’époque que le rendement financier de tels projets pouvait être attractif”

Au-delà des activités financées, Alter Equity a également posé un second niveau de condition pour investir dans les sociétés. Celles-ci doivent s’engager à progresser dans leurs pratiques de gestion pour aller vers davantage de responsabilité sociale et environnementale en adoptant un business plan extra financier sur 5 ans pour lequel elles piochent parmi une liste de 100 critères élaborés par Alter Equity. “Le fait de respecter ce BP conditionne l’accès des dirigeants à une partie variable de leur rémunération et aussi au management package, c’est-à-dire le fait d’associer le dirigeant à la plus-value actionnaire lors d’une opération financière”, explique Fanny Picard. Le tout en cherchant un rendement financier attractif pour les souscripteurs, ce qui était très novateur à l’époque. “Au début, les investisseurs ne croyaient pas que c’était possible, et je pense qu’in fine, c’est ce que nous avons démontré depuis 2007. Ça a été une rupture énorme”, se félicite-t-elle.

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Et Alter Equity ne s’est pas arrêté en si bon chemin puisque son second fond, récemment souscrit à hauteur de 110 millions d’euros, est le premier à conditionner l’accès au financement par l’ouverture au capital à tous les salariés. “Nous avons également rendu obligatoire le fait que les startups procèdent à un bilan carbone qui est intégré au business modèle extra financier. Je crois aussi que nous avons été le premier fond à donner 1% de notre chiffre d’affaire à des projets alignés avec notre philosophie d’investissement”, ajoute Fanny Picard. Alter Equity s’est également engagé auprès de la Fondation du Louvre dans le financement de projets en demandant à ses souscripteurs de céder les excès de rendement lorsque ceux-ci dépassent les 5%.

« L’impact investing est un métier qui ne s’improvise pas »

Alors que la réglementation européenne évolue aujourd’hui de façon rapide et exigeante, et que les dérèglements environnementaux sont de plus en plus visibles, les investisseurs sont aujourd’hui sous pression pour devenir plus responsables. « Toutefois, il y a toujours du monde pour financer le pétrole ou les cigarettes. Je pense qu’il va y avoir une évolution importante, notamment avec l’arrivée des jeunes générations, mais tout les fonds ne vont pas devenir à impact. D’autant plus que peu de gens sont compétents à l’heure actuelle sur ces sujets. Avoir une démarche rigoureuse au niveau de la RSE est compliqué, tous les instruments ne sont pas à disposition sur une étagère. Il est donc difficile de débarquer dans ce métier sans expérience », affirme Fanny Picard.

« Les femmes ont davantage de sens collectif »

Aux côtés d’autres femmes comme Marie Ekeland, Laurence Méhaignerie, Elina Berrebi ou encore Alice Albizzati, Fanny Picard démontre la forte représentation de la gent féminine dans l’impact investing, quand elles sont encore peu nombreuses dans les fonds traditionnels. Un état de fait qu’elle lie au fort « sens collectif » des femmes, et dont Fanny Picard témoigne aussi à travers son implication dans des associations telles que Mozaik RH, projet qu’elle a elle-même incubé, et qui accompagne les jeunes issus de quartiers difficiles vers l’emploi. « J’ai notamment beaucoup contribué à trouver des stages aux candidats. Cela m’a procuré une joie que je n’avais encore jamais connue », nous confie-t-elle. 

Des femmes qui sont également représentées parmi les startups qu’elle a financées à l’instar de Magic Makers (Claude Terosier), la Wild Code School (Anna Stépanoff), BoHo Green (Hanane Bourimi) ou encore Green Creative (Lucille Noury). « Avec notre premier fond, un tiers des participations sont dirigées par des femmes, un record en France », souligne Fanny Picard qui encourage les porteuses de projet à se faire confiance, s’entourer car il est plus facile d’entreprendre à deux, et surtout à « trouver un projet qui leur tient profondément à coeur car cela génère une énergie colossale et de cette façon, on y arrive ». Et d’ajouter : « je déconseille de se lancer dans un projet anecdotique et secondaire. Bien entendu, il faut aussi étudier la concurrence et ne pas reproduire un projet déjà existant, à moins de le faire différemment ». 

Celle qui a pour ambition de « créer le plus de bien-être et de bonheur » autour d’elle, mais également « d’être à la hauteur des objectifs qu’elle s’est fixés même si ce n’est pas toujours facile » encourage donc les femmes à oser. Un exemple inspirant pour la future génération d’investisseuses !

Paulina Jonquères d’Oriola

 

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