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« Chef(fe) d’entreprise-chef(fe) de famille », une étude sur la conciliation de ces deux univers

conciliation famille entreprise
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Comment les dirigeant(e)s des PME et ETI concilient-ils vies de famille et entrepreneuriale ? C’est la question qu’a posé Bpifrance Le Lab à 1638 dirigeants d’entreprise dans le cadre de sa nouvelle étude intitulée « Chef(fe) d’entreprise, chef(fe) de famille ». Cette étude révèle les liens entre ces deux sphères et les manières différentes de gérer ces relations selon que l’on est un dirigeant ou une dirigeante.

Conciliation vie pro-vie perso : les dirigeants satisfaits,

Réussir à concilier vie familiale et vie professionnelle est souvent un défi mais 8 dirigeants sur 10 (79%) se disent satisfaits de la façon dont ils y parviennent. En comparaison, ce taux de satisfaction n’est que de 12% pour les salariés, d’après l’enquête « Work Happy » du cabinet de recrutement Robert Half datée de 2018. « La notion de liberté apparait très vite comme une motivation extrêmement forte. C’est vrai qu’ils doivent parfois sacrifier des soirées, des week-ends… Ils ont un temps de travail largement supérieur à 50h par semaine pour plus des trois quarts d’entre eux, mais ils sont libres de s’organiser comme ils le souhaitent. Je pense que cette liberté est très certainement un facteur qui vient faciliter la conciliation des deux univers », déclare Philippe Mutricy, directeur des études de Bpifrance Le Lab.
Pour autant, cette conciliation ne se fait pas sans mal car 9 dirigeants sur 10 signalent des difficultés. Ce taux de satisfaction varie d’ailleurs selon divers critères. Parmi les facteurs pouvant pénaliser cette satisfaction, on trouve le bas âge des enfants, l’absence de bras droit et de comité de direction, les difficultés de trésorerie de l’entreprise… Être une femme dirigeante constitue également une variable négative. 

Plus de difficultés pour les femmes

Le taux de satisfaction des femmes dirigeantes est très bon (76%) mais elles semblent avoir davantage de difficultés à concilier vie de famille et vie pro. Il y a ainsi quatre différences fondamentales entre les femmes et les hommes dirigeants dont certaines peuvent expliquer ces plus grandes difficultés : la femme dirigeante a une double casquette entre l’entreprise et la famille beaucoup plus forte (39% d’entre elles s’occupent à la fois de la gestion de leur entreprise et de leur foyer contre seulement 10% des hommes dirigeants), l’intention de quitter l’entrepreneuriat pour une vie familiale plus adaptée (39% des femmes contre 28% des hommes), le partage des idées avec le conjoint/membre de la famille (70% des femmes les sollicitent pour enrichir leurs décisions contre 55% des hommes), l’influence de la naissance des enfants sur la manière de piloter l’entreprise. Ainsi, si les grands événements familiaux ont globalement peu d’impact sur l’entreprise pour les dirigeants, il n’en va pas de même pour les femmes. « Les femmes doivent revoir leur agenda et aussi l’organisation de leur entreprise pour déléguer beaucoup plus et être en capacité de tenir ces deux responsabilités que sont l’entreprise et la famille », souligne Elise Tissier, directrice de Bpifrance Le Lab. Après la naissance de leurs enfants, 81% des dirigeantes ont adapté leur agenda pour passer plus de temps en famille contre 66% des hommes. « Une femme est aussi bien souvent une mère. Et lorsque les enfants arrivent, très peu d’hommes sont prêts à rester à la maison pour laisser leur femme bâtir une carrière ambitieuse. (…) Les femmes dirigeantes se retrouvent alors avec des conjoints occupant eux-mêmes un emploi et tout se complexifie pour elles. L’ego de l’homme et la peur des « qu’en dira-t-on » expliquent en grande partie ces phénomènes. (…) On dit toujours qu’une femme peut faire plusieurs choses en même temps, mais bien souvent, les femmes n’ont pas le choix et se retrouvent malgré elles à se démultiplier pour tout faire avancer dans la bonne direction », précise Nathalie Taillefer, directrice générale de Force réseau, une entreprise du secteur automobile employant une soixantaine de salariés.

Cloisonner vie pro et vie perso

74% des dirigeants cherchent à cloisonner leur vie de famille et leur vie professionnelle, en évitant par exemple d’avoir leur bureau à la maison ou en se servant du temps de transport comme un sas de décompression entre ces deux univers. « À mon sens, séparer le travail de la sphère familiale est une bonne chose. On sait aussi que travailler de chez soi nécessite un minimum de logistique et d’espace. Par exemple, je me suis fixé des règles pour ne jamais travailler le weekend. Mais cette séparation spatiale et temporelle ne va pas m’empêcher de partager mes questionnements avec mon mari. C’est auprès de lui que j’exprime mes doutes, mais c’est aussi à lui que je peux demander un avis éclairé sur certaines de mes idées. Tout cela permet de verbaliser mes intuitions et de vérifier très vite si elles ont du sens ou non », explique Nathalie Taillefer.

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La famille, un soutien essentiel pour la conciliation famille, entreprise

Si le cloisonnement entre ces deux univers est recherché, les dirigeants soulignent l’importance capitale du soutien de leur famille : 80% déclarent qu’elle leur permet de se détendre et se ressourcer avant et après le travail et 82% estiment qu’elle les encourage à réaliser leurs objectifs entrepreneuriaux. Par ailleurs, si la famille les encourage, les dirigeants reconnaissent qu’elle est également un frein nécessaire pour trouver un équilibre. Sandrine Gascon, cheffe d’une entreprise de taille de pierre qui se transmet depuis sept générations, confie que « la famille permet de garder les pieds sur terre, d’avoir un autre regard puisqu’elle n’est pas impliquée à l’intérieur de la vie de l’entreprise. Ils ont un peu plus de recul et ça permet de voir les choses différemment. La famille aiguille, soulage, repose et permet de redonner de la force pour aller de l’avant ». Nicolas Dufourcq, directeur général de Bpifrance, ajoute que tout le monde participe à l’aventure de l’entrepreneur et que ça a un impact bénéfique sur toute la famille. « C’est un peu comme s’il y avait une répartition de l’adrénaline dans l’ensemble du tissu familial et ça peut expliquer que la divorcialité soit plus faible ». Le taux de divorce est en effet inférieur à la moyenne de la population française puisqu’on aurait 34% des mariages de dirigeants d’entreprise se soldant par un divorce contre 45% pour les Français. Là encore, l’impact sur l’entreprise est assez faible puisque 10% seulement des divorcés ont considéré que cet épisode difficile de leur vie familiale avait pu mettre leur entreprise en difficulté. Toutefois, Philippe Mutrici reconnaît les limites de l’étude puisque d’anciens chefs d’entreprise divorcés ont pu déposer le bilan et n’ont donc pas été sondés.

Finalement, il revient à chacun de trouver ses bonnes pratiques et notamment son niveau de cloisonnement pour concilier au mieux vie pro et vie perso en fonction de sa situation du moment, de ses propres attentes et de ses besoins.

Dorothée Blancheton 

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