Baromètre 2026 : 1 femme sur 4 veut créer son entreprise en 2026, malgré des freins persistants

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À l’occasion de la Journée internationale des droits des femmes, France Active et la Fédération bancaire française dévoilent les résultats du baromètre 2026 sur l’entrepreneuriat féminin de OpinionWay « Les femmes et la création d’entreprise ».

D’emblée, le constat est sans appel : l’envie d’entreprendre progresse chez les femmes, mais les freins – économiques, psychologiques et familiaux – restent puissants.

Pour le média Business O Féminin, décryptage d’un paradoxe qui interroge notre modèle économique et social.

Mini Guide Entrepreneuriat

24 % des femmes veulent entreprendre : une dynamique portée par le sens

Concrètement, en 2026, 1 femme sur 4 (24 %) envisage de créer son entreprise, soit une progression de +3 points. Plus significatif encore, chez les moins de 60 ans, cette proportion grimpe à 32 %.

En réalité, cette dynamique traduit une transformation profonde du rapport au travail :

  • 56 % veulent donner du sens à leur vie professionnelle
  • 52 % souhaitent concrétiser une idée personnelle
  • 34 % des moins de 35 ans voient l’entrepreneuriat comme une réponse à la précarité professionnelle

Autrement dit, l’entrepreneuriat féminin apparaît ainsi comme un levier d’émancipation, d’impact et d’autonomie.

Mais le contexte économique instable fragilise cette ambition. La motivation en faveur du salariat regagne du terrain (49 %, +8 points), tandis que l’attrait pour la création d’entreprise recule (50 %, -9 points).

Autrement dit : l’envie est là, la confiance vacille.

84 % des femmes anticipent des freins à la création d’entreprise

Si la dynamique progresse, l’entrepreneuriat féminin reste néanmoins perçu comme un parcours semé d’embûches.

Le financement, premier frein psychologique

Près d’1 femme sur 3 craint :

  • De ne pas disposer du capital de départ
  • De rencontrer des difficultés d’accès au financement (27 %)
  • D’échouer

À ces inquiétudes s’ajoute la complexité administrative, identifiée comme un frein majeur par 29 % des répondantes.

La peur d’échouer, souvent plus marquée chez les femmes en raison de mécanismes d’auto-censure et de socialisation différenciée, constitue un frein invisible mais puissant.

Les freins familiaux : l’angle mort de l’égalité entrepreneuriale

À ces obstacles économiques s’ajoutent des freins d’ordre privé. Ainsi, 1 femme sur 3 anticipe des difficultés à concilier :

  • Création d’entreprise
  • Responsabilités familiales
  • Gestion du foyer
  • Rôle d’aidante

De ce fait, l’entrepreneuriat féminin reste donc étroitement dépendant des équilibres privés.

Et les chiffres parlent d’eux-mêmes : 49 % des femmes estiment qu’une meilleure répartition des tâches domestiques est une condition essentielle pour favoriser l’entrepreneuriat (contre 39 % des hommes).

L’égalité économique commence à la maison.

Ce que veulent les femmes pour entreprendre

Face à ce constat, trois priorités se dégagent clairement du baromètre 2026 sur l’entrepreneuriat féminin :

1️⃣ Une meilleure articulation vie pro / vie perso

49 % demandent des dispositifs facilitant la conciliation des temps de vie.

2️⃣ Une simplification administrative

53 % des Français considèrent la simplification des démarches comme prioritaire (+5 points).

Moins de complexité, c’est moins d’auto-censure et plus de passage à l’action.

3️⃣ Plus d’accompagnement et de mentorat

42 % des femmes plébiscitent des programmes de formation, de mentorat et d’accompagnement.

L’isolement reste l’un des principaux facteurs d’abandon. Le collectif est un levier clé.

Des dispositifs concrets pour soutenir l’entrepreneuriat féminin

Aujourd’hui, 1 entrepreneur sur 2 soutenu par France Active est une femme.

Grâce à la Garantie Égalité Femmes, l’association peut sécuriser jusqu’à 80 % d’un prêt bancaire (dans la limite de 50 000 €) pour accompagner des projets de création, reprise ou développement d’entreprise.

En parallèle, la Fédération bancaire française et France Active publient le guide « Entreprendre au féminin », destiné à aider les femmes à se projeter concrètement dans leur parcours entrepreneurial.

Pour Maya Atig, directrice générale de la Fédération bancaire française : « Les femmes ont les idées, les compétences et l’envie d’entreprendre. Notre responsabilité collective est de faire en sorte que ni les contraintes administratives, ni les déséquilibres du quotidien ne freinent leur ambition. »

Ainsi, soutenir l’entrepreneuriat féminin n’est pas une question symbolique. C’est un enjeu de vitalité économique nationale.

Les 3 conseils clés aux femmes qui veulent créer leur entreprise

Dans cette perspective, Fanny Gerome, directrice générale adjointe de France Active, partage trois recommandations essentielles :

✔ Ne pas rester seule

Dès les premières étape, s’entourer  – réseaux, mentors, conseillers – permet de structurer son projet et de renforcer sa confiance.

✔ Sécuriser son financement en amont

Par anticipation, identifier les aides, garanties et dispositifs existants permet de lever les idées reçues sur l’accès au crédit.

✔ Ne pas attendre de « se sentir prête »

Car, la légitimité ne précède pas l’action. Elle se construit en avançant.

Entrepreneuriat féminin : un enjeu économique et sociétal majeur

Au final, l’étude du baromètre 2026 sur l’entrepreneuriat féminin en France révèle un paradoxe puissant : Les femmes veulent entreprendre, mais elles perçoivent davantage d’obstacles que les hommes.

Dès lors, l’enjeu n’est donc plus de susciter l’envie. Il consiste désormais à créer les conditions structurelles – financières, administratives, sociales – pour transformer cette ambition en réussite durable.

L’entrepreneuriat féminin représente un formidable gisement de croissance, d’innovation et de transformation sociale. Encore faut-il lever les freins invisibles qui entravent son essor.

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