Après des années de règne du Pilates et du yoga, une nouvelle méthode s’installe dans le paysage du fitness français : le Lagree. Portée par des studios qui essaiment dans les grandes villes et par des figures publiques qui en font la promotion, cette discipline venue de Los Angeles séduit un public d’actives en quête d’un entraînement efficace, sans impact sur les articulations. Décryptage d’une tendance qui dépasse le simple effet de mode.
Une méthode qui gagne du terrain en France
Le signal est net : la méthode s’exporte désormais au-delà de Paris. L’ancienne Miss France et Miss Univers Iris Mittenaere a récemment lancé son propre studio, le Lagree Club by Iris, en partenariat avec la salle Happyness Studio à Toulouse. Preuve que la discipline, jusque-là concentrée dans les salles parisiennes les plus en vue, commence à se démocratiser sur tout le territoire.
Le Lagree n’a rien d’un phénomène franco-français isolé. Née à Los Angeles au début des années 2000, la méthode compte aujourd’hui plusieurs centaines de studios licenciés à travers le monde, et continue son expansion dans les grandes métropoles occidentales, portée par une réputation d’efficacité que peu de disciplines peuvent revendiquer aussi vite.
Qu’est-ce que le Lagree, exactement ?
La méthode porte le nom de son créateur, Sébastien Lagree, coach franco-américain installé à Los Angeles, qui l’a développée à partir de 2001 en s’inspirant du Pilates sur reformer, tout en y intégrant des principes de musculation et de cardio. Le résultat : un entraînement à faible impact mais haute intensité, pratiqué sur une machine spécifique, le Megaformer, équipée de ressorts à résistance variable.
Concrètement, une séance de Lagree repose sur des mouvements lents et contrôlés (souvent quatre secondes par phase de mouvement) qui maximisent le temps sous tension musculaire. Contrairement à un cours de fitness classique où l’on cherche à accumuler les répétitions, ici c’est la lenteur et le contrôle qui font travailler les muscles en profondeur, sans à-coups ni impact sur les articulations.
Pourquoi cette méthode séduit autant
Le Lagree coche plusieurs cases qui expliquent son succès grandissant auprès d’un public de femmes actives, souvent en quête d’un entraînement efficace mais respectueux du corps.
- Un entraînement complet en une seule séance. Force, endurance, cardio, résistance, flexibilité et équilibre sont travaillés simultanément sur une même session, généralement en 45 à 50 minutes. Un format qui correspond bien à des emplois du temps chargés.
- Une intensité sans les impacts. Contrairement à la course à pied ou à certains cours de HIIT, le Lagree ménage les articulations tout en maintenant une fréquence cardiaque élevée, ce qui en fait une option adaptée aussi bien aux débutantes qu’aux sportives confirmées. Et même, sous encadrement spécifique, aux femmes enceintes ou en post-partum.
- Une dimension mentale assumée. La concentration exigée par la lenteur des mouvements a un effet apaisant comparable à certaines pratiques de pleine conscience : on ne peut pas penser à autre chose pendant une séance de Lagree, ce qui en fait, pour beaucoup de pratiquantes, une vraie coupure mentale autant que physique.
Lagree ou Pilates : quelle différence ?
La confusion est fréquente, et légitime : les deux disciplines utilisent des machines à ressorts et partagent une philosophie de contrôle du mouvement. La différence tient surtout à l’intensité et à l’objectif. Le Pilates classique reste orienté vers la rééducation, la mobilité et l’équilibre global du corps, avec un rythme plus doux. Le Lagree, lui, ajoute une dimension de renforcement musculaire et cardio nettement plus intense, avec une surcharge progressive pensée pour transformer la silhouette et la posture sur la durée – davantage dans une logique de performance que de simple entretien.
Faut-il s’y mettre ?
Si vous débutez, quelques repères simples permettent d’aborder sereinement un premier cours :
- Prévoyez une tenue près du corps et des chaussettes antidérapantes, souvent obligatoires sur le Megaformer.
- Arrivez un peu en avance pour vous familiariser avec la machine avant le début du cours, la prise en main peut surprendre la première fois.
- Ne vous fiez pas à la lenteur apparente : c’est justement elle qui rend l’exercice exigeant. Mieux vaut réduire la résistance les premières séances plutôt que de viser l’intensité maximale d’emblée.
- Comptez sur la régularité plutôt que sur l’intensité seule : comme pour toute méthode de renforcement musculaire, les effets sur la silhouette et la posture se construisent sur plusieurs semaines de pratique.