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3 raisons d’investir sur les femmes dans le numérique et la tech

investir sur les femmes
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Encore aujourd’hui, les femmes représentent moins de 30% des salariés du numérique. Seulement 5% des fondateurs de startups sont des femmes. Selon le dernier baromètre SISTA, 88% du montant total levé par les entreprises de l’écosystème numérique et tech est capté par des équipes 100% masculines. Ce qui s’expliquerait, selon les fonds d’investissement, par un manque de dossiers portés par des femmes. Ce qui est faux. Le problème est donc à trouver ailleurs. Et certainement pas du côté de la “rentabilité” des femmes dans la Tech. Puisqu’au-delà de 30% de femmes à des postes de responsabilité, les entreprises gagnent en rentabilité avec +21% de chances de faire des profits que la moyenne nationale.

À très court terme, l’absence des femmes dans la construction même de notre écosystème numérique risque d’engendrer l’altération de la représentativité de la société.

Alors, pourquoi investir sur les femmes dans le développement d’une société dominée par le digital est nécessaire et indispensable ? Comment contrer les biais cognitifs, discriminants et algorithmiques ? Alors que l’on parle (trop souvent) de pénurie de talents sur ces segments, comment faire pour inviter et accueillir plus de femmes dans le numérique et la Tech ?

Mini Guide Entrepreneuriat

Un (lourd) héritage déconnecté de l’économie numérique

Commençons par un bref rappel de l’histoire. De la première à la troisième révolution industrielle, soit pendant deux siècles, les femmes ont été exclues d’une économie largement dominée par les hommes. Le fait d’investir sur les femmes dans l’économie est aujourd’hui une évidence. Mais l’histoire laisse des traces qu’on perçoit à travers des croyances et des modes de fonctionnement de la société qui n’ont, eux, pas totalement évolué.

Parmi ceux-là, le rôle de mère de famille ou encore les choix d’orientation professionnelle. Avec une tendance à suivre des études en lettres, économie et sciences sociales pour 80% des femmes. Au détriment des filières IT qui ne rassemblent que 18% d’entre elles. En parallèle, nous continuons de constater des inégalités hommes-femmes sur les sujets de salaires et de représentation sur les postes de direction au sein des entreprises du CAC40.

En France, la transformation des mœurs et pratiques s’opèrent « tranquillement » alors que la révolution numérique est en marche depuis plus d’une décennie. Les fondations d’un nouveau monde inclusif se construisent en ce moment même. L’avenir de notre société dépend de nos actions aujourd’hui.

Si l’absence des femmes dans l’économie du numérique creuse encore davantage l’écart des inégalités hommes-femmes, il s’agit aussi d’un manque à gagner pour l’économie française. Parce que plus de femmes dans la tech et le numérique, c’est plus de talents, plus d’attractivité et de compétitivité pour nos entreprises. Et donc, plus d’innovation. Alors concrètement, pourquoi investir sur les femmes dans le développement d’une société dominée par le digital, est-elle nécessaire et indispensable ?

Voici 3 raisons à cela :

#1 – Une meilleure performance de nos entreprises

La série d’études « Women Matter » menées par McKinsey depuis près de dix ans a montré une corrélation entre la mixité au sein des instances dirigeantes des entreprises et une meilleure performance. Au-delà de 30% de femmes à des postes de responsabilité, les entreprises gagnent en rentabilité avec +21% de chances de faire des profits que la moyenne nationale. (Source : McKinsey « Delivering through diversity » janvier 2018). Au même titre qu’il y a un lien évident et prouvé entre les résultats financiers des entreprises et le leadership au féminin. C’est ce que démontre par exemple l’étude du Boston Consulting Group qui précise que les entreprises fondées ou co-fondées par les femmes ont un meilleur retour sur investissement.

Certains diront que cela ne constitue pas une preuve suffisante. Certes, mais ça n’a pas empêché de gros gestionnaires d’actifs d’y adhérer. Parmi eux, Blackrock, Axa et d’autres acteurs dont la valeur combinée atteint 13 000 milliards de dollars, ont déclaré publiquement qu’ils n’investiraient pas dans des entreprises qui ne respectent pas l’égalité hommes-femmes.

Pourtant en France, les femmes représentent moins de 30% des travailleurs dans le secteur du numérique. Ce chiffre tombe à 21% lorsqu’on parle des dirigeantes de startups. Et à seulement 5% lorsqu’on fait référence aux équipes fondatrices de startup qui composent la FrenchTech 120.

Alors à quand l’engagement des fonds d’investissement et des fonds d’actifs corporate sur les sujets d’égalité homme-femme en France ?

#2 – Une réponse aux enjeux de pénurie de talents

En Europe, on estime qu’il manquera entre 500 et 700 000 talents dans le numérique en 2025. Et qu’1,5 million de salariés hautement qualifiés pourraient manquer en France, soit un manque à gagner de 175 milliards d’euros (6,5% du PIB français). En parallèle, on estime que le numérique devrait englober près des 80% des métiers de demain. 

Or, un monde numérique qui ne prend pas en compte 50% de la population que sont les femmes, aura indéniablement un impact défavorable sur l’économie et sur l’équilibre naturel de la société.

Il est donc essentiel d’investir dans la formation et la sensibilisation des métiers de la Tech dès le plus jeune âge. Il s’agit de briser les à prioris en rendant le monde des nouvelles technologies plus accessible. Moins masculin et plus attrayant pour les femmes.

L’intervention d’entrepreneurs de la Tech dans les écoles de tous genres peut faire la différence. Comme l’initiative portée par le dispositif 100 000 entrepreneurs. Surtout s’ils sont perçus comme des rôles models.

#3 – Un monde numérique plus inclusif

C’est un fait, l’Intelligence Artificielle et les algorithmes sont omniprésents et participent à tous les aspects de notre vie. D’une simple recommandation sur Google, à une publicité sur Youtube, en passant pour le recrutement. Or l’absence des femmes dans la construction même de notre écosystème numérique risque d’engendrer l’altération de la représentativité de la société. Parce que, bien que les nouvelles technologies du numérique prétendent se nourrir de « données », il s’agit d’un secteur qui souffre des mêmes problèmes que toutes les autres industries : le manque de mixité.

L’organisation Our Secure Future qui œuvre pour l’égalité homme-femme dans l’écosystème digital aux Etats Unis, souligne le manque de données mixtes. Ce qui représente l’une des 5 défaillance des systèmes technologiques qui affectent 50 % des utilisateurs finaux. Le rapport donne un exemple assez révélateur. Pour le développement d’un Chatbot par Microsoft, ce dernier s’est alimenté des messages Twitter comme source de données pour créer leur algorithme conversationnel. Lorsque, le programme informatique est interrogé sur la qualification du mot « féminisme », il répondra avec des mots tels que « cancer ». Notamment car la communication des posts sur Twitter aux US est majoritairement faite par des hommes.

Cet exemple fait ressortir un problème. Au-delà du fait que les algorithmes peuvent être entraînés sur des bases de données non représentatives de la population, les personnes qui sont à l’origine des codes n’ont pas toujours les réflexes de correction adéquat. Et sans doute une influence à l’image de leur propre perception. On parle ici de biais algorithmique.

Il ne s’agit pas d’incriminer les ingénieurs ou développeurs hommes ! Mais de sensibiliser sur l’importance de diversifier les équipes qui sont à l’origine des algorithmes contenus dans ces outils. Outils que nous utilisons dans notre quotidien et qui doivent refléter la réalité de notre société mixte et diverse.

À titre d’exemple, imaginons qu’une startup décide de créer une solution pour aider les investisseurs à sélectionner les meilleurs entrepreneurs sur lesquels investir. Sa base de données peut être constituée des profils issus des réseaux sociaux couplés à des informations sur les données financières d’entreprises de la tech disponibles en Open Source. Les femmes étant sous représentées dans le monde des startups, l’algorithme d’aide à la prise de décision aura tendance à sélectionner des hommes. Ainsi identifiés comme profil « idéal ». Un cercle vicieux qui risque d’exclure les femmes davantage.

D’ailleurs, nous pouvons retrouver des biais discriminants importants dans le domaine du recrutement. À compétences égales, certains algorithmes proposent des postes moins bien payés aux femmes, certains algorithmes permettent de retirer les candidatures féminines…

Finalement, tout ceci est simplement le reflet de la réalité de notre société et des personnes qui la constitue. Imaginée par l’Homme, la technologie n’y est finalement pour rien. Mais il est encore possible de construire un monde numérique. Plus juste et en faveur des enjeux d’égalité, d’inclusion et de diversité. 

Cela passe naturellement par davantage de femmes aux manettes de la Tech. Et des initiatives qui œuvrent pour la promotion des femmes entrepreneures dans la Tech, comme les Business O Féminin Awards sont à saluer. Elles permettent clairement de construire le monde de demain.

Fariha Shah, Business Angel, CEO et fondatrice de Golden Bees

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