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Comment avoir de l’éloquence au quotidien ?

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Il suffit parfois de quelques ajustements pour oser parler, que ce soit pour faire la conversation à un collègue, défendre une idée, ou demander une faveur… Eric Cobast, universitaire spécialiste de l’éloquence et auteur de « L’incroyable pouvoir de l’éloquence au quotidien » nous livre ses conseils.

L’éloquence, c’est l’art de bien parler. Et si vous vous préparez systématiquement avant un entretien d’embauche ou une prise de parole publique, l’éloquence au quotidien, plus informelle, se travaille également. Prendre la parole dans la vie de tous les jours n’est en effet pas toujours évident. « Il y a à peu près 40 % des gens qui sont atteints de glossophobie, c’est-à-dire qui ont peur de parler, et 7 à 10 % des personnes qui sont complètement paniquées à cette idée », constate Eric Cobast, professeur agrégé de philosophie et de lettres modernes, enseignant pendant une vingtaine d’années dans des Classes Préparatoires aux Grandes Écoles, fondateur de l’Académie de l’Éloquence, et auteur de « L’incroyable pouvoir de l’éloquence au quotidien », paru aux éditions Eyrolles. Il est toutefois possible de s’améliorer en adoptant quelques bonnes pratiques. 

Comment avoir de l’éloquence au quotidien ?

Contrôler son image 

S’exprimer suppose de sortir de sa zone de confort, de prendre un risque. « Parler c’est accepter d’être regardé avant d’être entendu. C’est surtout la violence du regard de l’autre que la prise de parole déclenche qui pose un problème », ajoute le spécialiste. En prenant la parole, on court le risque d’être jugé. La solution : contrôler son image, le message que l’on envoie visuellement et l’assumer. Il faut donc avoir conscience de ce que l’on envoie aux autres. Si vous portez des couleurs vives, vous souhaitez probablement attirer l’attention. Si vous arborez des tons neutres, vous voulez être plus discrète…

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Adopter les 3 grands principes de la prise de parole : connexion, alignement, signature

Selon Eric Cobast, une prise de parole efficace s’appuie sur le fait d’établir et de maintenir une connexion avec son interlocuteur. Cela passe par des échanges de regards, un engagement physique… L’interlocuteur doit sentir que vous vous adressez à lui, que vous êtes présent.e dans l’échange. Le second grand principe est l’alignement entre ses pensées, ses mots, l’intention dans la voix, ses gestes… Réprimander un enfant alors que l’on sourit de sa bêtise ne fonctionne pas. Vient enfin la signature de chaque personne (son timbre de voix, son humour…). 

Trouver un sujet de conversation

Dans l’ascenseur, à la machine à café, face à un collègue, il est parfois difficile de trouver les mots pour engager la conversation et éviter le malaise. « Il faut avoir à l’esprit l’identité de la personne à qui l’on souhaite parler, tout ce que l’on sait sur elle et lui signifier que c’est à elle que l’on parle en l’appelant par son prénom : « Marc je suis ravie de te voir autour d’un café car… ». C’est important de glisser quelques détails sur cette personne », conseille également Eric Cobast. Ainsi, l’interlocuteur voit qu’on lui porte de l’intérêt que l’on se souvient de lui. Attention à éviter l’égotisme. L’objectif n’est pas de parler de soi mais de prendre des nouvelles de son interlocuteur. On privilégie le « tu » au « je ».

Demander une faveur

Besoin d’échanger votre week-end d’astreinte avec un collègue ? De modifier vos semaines de congés ?… Allez droit au but. « Il ne faut pas tourner autour du pot car ce temps de préparation nourrit les soupçons, une méfiance inutile et le stress. Mieux vaut dire : écoute, je vais être direct, j’ai un service à te demander ». Ça évite le suspens et crée l’avantage de la surprise », reconnaît Eric Cobast. Pris au dépourvu, il est rare qu’une personne dise non d’emblée. Elle peut dire qu’elle va y réfléchir, et c’est là qu’il faut argumenter sa demande.

Aborder un sujet qui fâche

Un désaccord, une critique à formuler ? Là aussi mieux vaut être réactif.ve et traiter rapidement le problème mais sans agressivité. Pour éviter tout braquage, il est préférable de ne pas mettre l’interlocuteur en cause. Face à un souci, on emploie plus volontiers le « je » : « je suis embarrassé.e car je me suis aperçu que… ». Et aussitôt, on introduit une solution pour éviter l’impasse. Cela mérite un petit travail préparatoire avant de parler à la personne visée. L’interlocuteur saisit généralement la perche qui lui est tendue, peut admettre sa part de responsabilité et poursuivre le dialogue. L’idée est de construire à deux. 

Répondre à une remarque vexante

A l’inverse, si un collègue ou un manager fait une remarque blessante, qui plus est devant des témoins, on répond de manière indirecte. « Il ne faut jamais répondre de façon impulsive au risque de perdre plus encore. Will Smith aux Oscars, au lieu de gifler Chris Rock, aurait pu en recevant son Oscar déclarer que Chris Rock, lui, avait mérité l’Oscar de l’indélicatesse ». L’éloquence, la joute verbale ont été inventées pour éviter la violence physique », soutient Eric Cobast. Si possible on tente une pirouette humoristique pour se sortir d’affaire.

Convaincre son N+1 que son idée est bonne

Oser parler de ses idées à son N+1 est une bonne chose à condition de présenter l’idée en tant que telle sans se mettre en avant. On évite ainsi de donner l’impression que l’on est le sauveur. Exit le « j’ai pensé que ». On privilégie les périphrases et l’approche factuelle : « Il y a une situation qui est… Il est peut-être possible de… ». « Les personnes présentes à la réunion voient bien qui a eu l’idée, inutile d’en rajouter. L’objectif, c’est que chacun puisse se la réapproprier en sachant que ça vient de nous, d’en tirer un bénéfice et non un avantage », résume Eric Cobast. 

Saisissez les occasions de vous entraîner en vous rappelant ces points et vous devriez rapidement améliorer votre éloquence.

Dorothée Blancheton

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