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Apprivoiser le trac, ça s’apprend !

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Le trac a tendance à vous paralyser ? A vous rendre malade ? Ce phénomène est naturel bien que désagréable. Romain Lesaffre, comédien et auteur de « L’étonnant pouvoir du trac », a rencontré une cinquantaine d’artistes, sportifs, politiciens et thérapeutes pour comprendre cette émotion et mieux la vivre. Il nous propose dix pistes pour y parvenir.

Vous avez une prise de parole importante à faire ce soir face à un public. Inexorablement, vous sentez la tension grimper d’un cran à mesure que les minutes s’égrènent. Et si vous commenciez à bafouiller ? Que votre auditoire vous regardait avec consternation ? Ou bien encore si vous étiez interrompue par un problème technique ? Panique à bord, vous avez peur d’être ridicule et le trac se fait sentir ! « Le trac, c’est une peur, donc une émotion, quelque chose de psychique qui va entrainer une réaction physique. Cette peur va nous amener à sécréter des hormones, notamment l’adrénaline, qui vont nous préparer à l’action », explique Romain Lesaffre, comédien professionnel, créateur et animateur d’ateliers en entreprise avec Bazar Général. Il est également l’auteur de « L’étonnant pouvoir du trac », paru aux éditions Marabout. La peur est là pour nous aider à affronter la difficulté, à mieux survivre.

Le Tract : des symptômes désagréables 

Avec le trac, il n’y a pas de danger imminent mais les symptômes sont comparables. Sous l’effet des hormones, on peut faire de la tachycardie, avoir les mains moites, la voix qui tremble, des troubles gastriques, des vomissements… « Ces réactions sont normales car, pour faire face efficacement à ce qu’il perçoit comme un danger, le corps évacue physiquement tout ce qui lui prend de l’énergie », ajoute Romain Lesaffre. Le trac est, d’un certain côté, une bonne chose puisqu’il peut être stimulant, aider à se concentrer, à donner le meilleur de soi pour réussir un challenge. Mais il peut aussi couper tous les moyens avant et pendant la performance et nuire à celle-ci.

Plusieurs conseils peuvent aider à mieux vivre cette émotion :

  1. Accepter d’avoir le trac : Ce n’est pas parce qu’on a le trac qu’il faut douter de soi, de ses compétences et se dévaloriser. « L’idée c’est de se dire, j’ai le trac, certes ce n’est pas agréable mais c’est normal“. A partir du moment où l’on se dit que l’on n’est pas plus diminué ou moins performant qu’une autre personne, c’est beaucoup plus simple à gérer », constate Romain Lesaffre. Celui-ci conseille d’arrêter de juger cette émotion. « La vie d’une émotion c’est trois minutes maximum mais si je la combats, que je refuse de la vivre, elle perdure », explique-t-il. 
  2. S’entrainer : A l’image d’un comédien, on répète à voix haute, dans les conditions comparables à celles du grand jour. On s’entraîne si possible sur la même scène, face à des personnes, dans le même timing, le même style de tenue que celle que l’on portera, en se concentrant sur le déroulé de sa présentation, sa manière de poser sa voix, d’ancrer ses pieds au sol… « On essaye d’être dans les conditions les plus proches possibles car le cerveau ne fait pas la différence entre l’imaginé et le vécu. Si l’on vit bien la situation plusieurs fois sans le vrai public, le jour J on sera plus serein car le cerveau pensera que tout va bien se passer », analyse le comédien. Dans le même esprit, en sophrologie, on pratique la visualisation. Avec un thérapeute, on visualise de manière positive ce que l’on va vivre pour mettre son cerveau dans de bonnes conditions. 
  3. Apprendre à respirer : La peur amène à respirer très vite et très court et déclenche les symptômes vus plus haut. L’auteur conseille de corriger ce dysfonctionnement de la respiration via une application de cohérence cardiaque gratuite comme Respirelax par exemple. « La cohérence cardiaque, c’est apprendre à respirer au rythme qui fait du bien. Dans cette appli, on cale sa respiration sur une petite bulle qui monte et qui descend. Quand le cœur bat trop vite, en six minutes, on arrive sensiblement à baisser son rythme. Si on fait ça tous les matins et les midis de la semaine, on arrivera plus détendu en présentation parce que l’on va entrainer son corps à gérer cette différence de respiration », déclare Romain Lesaffre. 
  4. Parler lentement : Face au public, on a souvent tendance à parler vite pour se débarrasser de son texte et de ce moment redouté. Mais plus on parle vite, moins on respire bien. On a plus de risque de bafouiller, de buter sur les mots. En parlant lentement, on a le temps de réfléchir, de préparer ses fins de phrase… C’est également plus agréable pour le public. « Même si on a l’impression de parler lentement, ça va sortir normalement car le stress accélère toujours un peu le rythme de parole », précise le spécialiste. On peut aussi écrire en haut de sa feuille de parler moins vite pour le garder à l’esprit. 
  5. Ancrer ses pieds dans le sol : C’est l’une des premières choses que l’on apprend quand on fait de la scène. Cette posture évite d’avoir des tics. « Avant que le public n’arrive, on ancre ses pieds dans le sol pour être stable, on remonte le buste et on laisse les bras le long du corps. Cette position nous met intellectuellement en position de force. On  va proposer à notre audience une personne sûre d’elle », assure le comédien.

Outre ces tips de prise de parole pure, il y a d’autres conseils à mettre en place.

  1. Faire de l’exercice physique : Comme on sécrète de l’adrénaline, tout le corps est en alerte pour se dépenser alors que l’on patiente la boule au ventre en attendant son tour. La solution ? Faire des pompes, courir dans les couloirs, faire de grands mouvements… Cette dépense physique aide à évacuer l’adrénaline, à décompresser et à moins penser à l’enjeu.  
  2. Être le simple vecteur d’un message important : « Xavier Bertrand m’a dit qu’il n’avait pas le trac quand il fait de la politique car le sujet est plus grand que lui. Ça aide à mettre une distance avec le trac. Quand on se dit qu’on soutient un concept, une équipe, ce n’est pas soi qui est jugé mais ce que l’on va raconter », avance l’auteur. 
  3. Avoir un grigri ou porte-bonheur : Cette aide est souvent revenue dans la cinquantaine de témoignages recueillis dans le livre de Romain Lesaffre. « Ça marche parce qu’on attribue à ces objets de bons sentiments, des marques d’amour, qui nous font sécréter de l’ocytocine, une hormone qui fait se sentir bien », confie l’auteur.  
  4. Adopter des rituels : En faisant toujours la même chose avant de prendre la parole en public (relire ses fiches, faire un tour de la salle, parler à un collègue, boire un verre d’eau…), on se crée une routine rassurante qui peut aider à baisser son niveau de stress.  
  5. Enfiler un costume de super-héroïne : Si l’on trouve que son (sa) supérieur(e), ou une personnalité publique, est fort(e), a du charisme, on peut enfiler des vêtements inspirés de son style. En enfilant ce costume de super-héros, on endosse en même temps ses pouvoirs. Ça fait partie des pensées magiques efficaces.

Selon l’impact du trac sur sa vie, on peut aussi faire appel à un professionnel. Hypnose, sophrologie, méditation de pleine conscience… Ces disciplines aident à mieux vivre ses émotions. Chacun vit son trac différemment mais logiquement, avec le temps et ces conseils, il s’apaise.

Mini Guide Leader

 

Dorothée Blancheton

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